Un petit coeur bat la chamade

Posted by on 12 Sep 2008 in Branle-bas dans Babel, Enfance et paternité, Scribouillure | 4 comments

Chamade aurait été repris de l’italien du nord ciamada, vers 1570 en tant que terme militaire (comme bien d’autres termes à l’époque, semble-t-il), provenant lui-même du latin chiamare, qui signifie «clamer».

Au début, la chamade désignait une batterie de tambour et une sonnerie de trompette annonçant le désir de parlementer, ou la reddition des occupants d’une place forte lors d’un siège. Aujourd’hui, on ne retrouve plus ce mot que dans l’expression battre la chamade, en parlant d’un cœur qui bat vite ou fort.

Il est intéressant de noter le rapprochement avec le terme portugais chamada, signifiant «appel», et qui désigne un moment dans la capoeira angola où l’un des joueurs invite l’autre à faire une pause. Cette pause sert à couper le jeu par un mouvement qui va à l’encontre des règles du rituel. Au lieu d’une série de mouvements imprévisibles, la chamada se constitue d’un va-et-vient prévisible, et alors que le jeu comporte un aspect martial, la chamada se veut un moment pacifique.

Évidemment, comme toute règle en capoeira, celle-ci existe pour être brisée par qui se considère comme prêt à en assumer les conséquences. C’est pourquoi il faut être constamment sur ses gardes, car la chamada se termine inévitablement par une attaque. Cette attaque peut être feinte, auquel cas elle ne sert qu’à signifier que le jeu reprend son cours, ou bel et bien réelle.

Trêve d’explications historique et culturelle.

L’autre jour, j’ai entendu un petit cœur qui m’appelait, et le mien s’est mis à battre la chamade. Comment une créature qui n’a même pas la taille d’un deux piastres peut-elle contenir un moteur qui vrombit avec une telle intensité?!

Vous l’aurez deviné, chers lecteurs, la paternité — lourd fardeau et merveilleuse aventure — est mienne…

4 Comments

  1. iêêêê! un p’tit nouveau dans la roda de la vie!

  2. Et oui! Un être de plus sur cette surpopuleuse planète en manque de sensations fortes!
    Sera-t-il de ceux qui la détruiront ou de ceux qui la sauveront? Reste à voir…

  3. Tant qu’il clame haut et fort qu’il existe, qu’il batte la chamade avec le monde… Sans toutefois se rendre!


    Autrefois, lors d’une bataille, quand on souhaitait s’entretenir avec ses ennemis ou se rendre, on émettait un signal avec un tambour ou une trompette. On appelait cela “battre la chamade”. Mais bien souvent, avec le bruit des tirs, on n’entendait pas les signaux émis si bien que beaucoup d’hommes étaient tués inutilement. C’est suite à cette constatation que l’on décida non seulement d’émettre un son, mais aussi d’y ajouter un signe visuel en agitant un drapeau blanc. Aujourd’hui, ce signal est connu dans le monde entier. Lorsque le cœur “bat la chamade”, c’est que nous sommes sujets à une vive émotion ou a une peur, peut être en référence à ce que devaient ressentir les soldats qui s’approchaient de leurs ennemis pour tenter quelques négociations.

    http://www.linternaute.com/expression/langue-francaise/144/battre-la-chamade/

  4. Hum, “Lupino — source d’information intarissable!”

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