Posts Tagged "Les mots des autres"

En parlant du loup…

Posted by on 11 Mai 2017 in Politique | 0 comments

En parlant du loup…

Depuis que j’ai lu 1984 et que j’ai participé au panel de discussion au cégep à ce sujet (voir ma scribouillure précédente), plein d’articles se mettent sur mon chemin qui étayent mon analyse. Les voici en vrac… Alain Deneault, «Le Canada est toujours une colonie», sur le management en politique et la réduction des humains à des éléments quantifiables, corvéables, malléables et, sommes toutes, jetables: «Le Canada vit sous le régime de la gouvernance, qui est pour moi le contraire de la politique bien qu’elle laisse planer cette confusion sémantique. Ce concept vient du monde de l’entreprise, qui a recyclé en anglais un mot du vieux français. […] Le concept a ensuite été appliqué à la sphère publique lorsqu’on a voulu lui inculquer un mode de fonctionnement similaire, basé sur l’efficience, le rendement et la productivité. «Une telle théorie ne pouvait que convenir au Canada, qui en est à l’avant-garde. La volonté populaire, le bien commun, l’intérêt public n’existent pas. Seule compte la gestion, l’administration efficiente par un ensemble de pouvoirs constitués. L’Etat agit, dès lors, comme un notaire pour organiser la cohabitation entre les prétendants. Il favorise des ententes, des contrats entre acteurs de la société civile et assure l’intendance.» «La médiocratie est un régime qui nous enjoint à la médiocrité. La médiocrité n’est pas l’incompétence, c’est le fait de la moyenne. La médiocratie résulte de la recherche, par les entreprises, par les institutions de pouvoir, de personnel interchangeable, et donc formaté dans une « moyenne », non pas sociologique mais dictée. […] «Les pouvoirs privés ne veulent pas de gens en dessous de cette médiocrité, leurs employés doivent posséder quelques compétences sociales ou techniques définies. Mais ils ne veulent pas non plus des gens qui débordent de passion ou d’idées, qui ont une éthique, une vraie autonomie. […] Et cela crée des vagues de suicides chez France Telecom, des dépressions nerveuses massives dans le monde professionnel.» Robert Théoret et Étienne Boudou-Laforce, «Une bonne santé mentale pour satisfaire aux normes de la société?», sur l’emprise du credo néolibéral vécu comme pensée unique: «Depuis plus d’un quart de siècle, le discours néolibéral s’est frayé un chemin dans toutes les sphères de la société, y compris dans le domaine des pratiques en santé mentale. Concurrence, performance, productivité, responsabilité, adaptabilité sont devenues les conditions gagnantes du bien-être individuel et collectif.» «La société n’est alors plus considérée comme une collectivité de citoyens solidaires, mais plutôt comme un amalgame — une somme — d’individus en compétition les uns contre les autres dans la quête du bien-être. De la sorte, l’idée de bien-être individuel et de « bonne » santé mentale peut apparaître comme une mesure de la soumission au modèle néolibéral, venant ainsi célébrer la satisfaction aux normes d’une société à la dérive.» Sur la falsification de la réalité par le jeu des statistiques ou le traficage de documents, plusieurs exemples: Le trucage des notes dans les évaluations des élèves et le taux de diplomation: «Maquillages» de Patrick Lagacé et  «Le taux de diplomation pire que le laisse paraître Québec» de Mathieu Dion; La question des urgences: «Attente aux urgences: du camouflage de patients, selon des intervenants» d’Ariane Lacourcière; La disparition pure et simple d’information gênante: «Préparation de témoins: l’administration Couillard fait disparaître un contrat» de Geneviève Lajoie; Le blocage d’information compromettante: «Le Parti libéral voulait cacher 41 mots-clés, dont « fraude »» d’Alexandre Robillard. Dans tous ces cas, les dirigeants trompent les citoyens dans l’espoir de maintenir la fiction qui leur permet de se maintenir au pouvoir. Comme le dit Lagacé, il y a quelque chose de soviétique là-dedans… pour ne pas dire quelque chose d’orwellien. Et si les médias en parlent,...

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L’humain qui se tisse en se soulevant…

Posted by on 22 Mar 2015 in Politique | 0 comments

L’humain qui se tisse en se soulevant…

Qui est ce peuple? «Si l’on dit alors que « le peuple » est dans la rue, ce n’est pas un peuple qui aurait existé préalablement, c’est au contraire celui qui préalablement manquait. Ce n’est pas « le peuple » qui produit le soulèvement, c’est le soulèvement qui produit son peuple, en suscitant l’expérience et l’intelligence communes, le tissu humain et le langage de la vie réelle qui avaient disparu.» — À nos amis, Le comité...

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Dédé traqué

Posted by on 3 Juin 2014 in Arts | 0 comments

(Je voulais écrire quelques réflexions post-électorales… mais c’est jamais sorti. Semblerait que ce soit pas si important. Voici donc quelque chose qui me tient pas mal plus à cœur…) Sur les traces de Dédé des Colocs Dernièrement, et ça faisait longtemps que je voulais le faire, j’ai lu deux livres sur André Dédé Fortin du groupe Les Colocs : un de Raymond Paquin, son agent, l’autre de Jean Barbe, écrivain. Pourquoi s’est-il suicidé? Paquin n’avance pour sa part que peu d’explications, se contentant de relater les événements de son point de vue, et à sa manière assez particulière : une prose bigarrée, qui m’a plu énormément, où se mélange profondeur et légèreté. Et il ne rapporte exclusivement, ou presque, que ce dont il a été témoin : il ne met « pas des mots dans la bouche » aux autres, comme il le dit. Selon lui, Dédé s’est trop donné, il voulait trop en faire pour trop de monde — le monde entier s’il avait pu! — et il avait prémédité l’heure de sa mort. La seule chose qui l’a tenu en vie, ce serait, toujours selon Paquin, ces nombreuses promesses à des chums qu’il tenait à respecter. Des deux, c’est Paquin que j’ai préféré lire. Ça se lit comme un roman et il y a de tout, dans ce livre-là. Pourtant c’est Barbe qui, d’une certaine manière, apporte le plus d’eau au moulin. Car il va plus loin. Son essai est pour lui une quête démystifiante : l’énigme de sa propre existence se reflète dans celle de Dédé. Les deux se confondent. C’est parfois agaçant. Parfois. Néanmoins, outre ses envolées littéraires, qui ne me parlent pas toujours, Barbe apporte des réflexions nourrissantes sur cette affaire. Pour lui, c’est la contradiction entre André-le-ti-cul -qui-veut changer-le-monde et Dédé-la-rock-star-idolâtrée qui constate son impuissance à le faire malgré un pouvoir grandissant conféré par la notoriété et la gloire. Emblématique, Dehors novembre se voulait une provocation qui n’a pas été relevée comme telle — provocation et cri de détresse à la fois. Je me souviens bien de cette époque. J’avais jamais été un grand fan des Colocs. Avant Dehors novembre. Jusque-là, j’aimais bien les entendre, mais c’était trop joyeux pour moi, c’était pas mon genre à ce moment-là de ma vie. Cependant, cet album-là me parlait, la souffrance qui s’y trouvait résonnait avec la mienne. Je comprenais. Sauf que personne ne semblait comprendre — du moins, ça devait lui apparaître comme ça. Je me souviens des ados, voire des préados — 12 ans à peine! — qui chantaient Tassez-vous de dlà avec enthousiasme, sans se rendre compte (en apparence) de toute la douleur qui en suintait. Cette naïveté a pu être perçue par Dédé comme un échec de plus : il était impuissant à remuer les gens pour les faire changer le monde. Ce constat d’impuissance supplémentaire, c’est la goutte qui a mis le feu aux poudres? Ç’a peut-être précipité l’événement fatidique, reste que tout semblait en place depuis longtemps. (Peut-être depuis sa naissance?) Aussi, Barbe lance l’hypothèse suivante : c’est l’échec d’André en tant qu’humain qui l’a mené à sa mort, parce qu’il se voyait devenir ce qu’il détestait de la société, c’est-à-dire quelqu’un dont la réussite lui donnait des privilèges, le droit d’en faire à sa tête. Il se serait donc tué parce qu’il s’éloignait de son idéal, au lieu de s’en rapprocher. Il était déphasé… Barbe avance aussi qu’il ne voulait pas vieillir, c’est-à-dire (et j’extrapole un peu) qu’il voulait continuer à vivre avec la fougue de la jeunesse, le sentiment de pouvoir accomplir n’importe quoi et d’être immortel. Vieillir, c’était abdiquer. Son ami Éric Henry disait d’ailleurs...

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L’élégance conforme au fond

Posted by on 17 Fév 2010 in Lettres | 1 comment

Mon coeur s’est enflammé comme une mèche en lisant L’élégance du hérisson et la détonation littéraire qui s’en est ensuivie n’a eu d’égale que… que… Y a-t-il déjà eu telle déflagration poétique dans mon univers? … Cyrano de Bergerac. Évidemment, il est impossible de comparer un baklava à une tarte chocolat-noisette, mais le ravissement du palais sémantique demeure aussi élevé, ainsi que le taux de cholestérol. Ce qui frappe dans ce livre, c’est que la plume de Muriel Barbery est aussi fine que les réflexions qu’elle nous offre sur le politique, la société, et l’art, et la vie, et l’amour, et la mort. L’adéquation même du fond et de la forme. Un chef-d’oeuvre sans compromis, qui transporte l’âme, submerge le coeur et laisse songeur. Chaque page mériterait que l’on s’y attarde quelques heures, sinon une vie entière, question d’en bien saisir la profondeur et les implications dernières. Et pourtant, l’oeuvre se boit cul sec tant on se rend compte que l’on a soif de cette quintessence qui nourrit la vie. Loin de la mondanité. Loin des tracas et des trivialités. Il ne nous reste plus qu’une option: attendre que la poussière retombe — cette poussière qui s’agite dans la lumière et par là même nous fascine trop pour contempler le rayon solaire — attendre, puis relire à petites gorgées pour savourer chacune à sa juste...

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Éloge de l’anomalie

Posted by on 14 Jan 2010 in Lettres | 2 comments

La nature s’enrichit de la bizarrerie, comme Foglia nous le rappelle — en ses mots si colorés — dans un article où il déclare: «Je suis, moi, furieusement pour les anomalies.» Son propos concerne la langue. Moi aussi, j’aime les anomalies du français, ses règles obscures, sa graphie incongrue et ses accents déroutants, sans parler de son étymologie dédaléenne. C’est joli, toutes ces cicatrices que la vie a laissées sur la langue. Et l’on sait bien que notre richesse, c’est précisément notre différence et notre complexité. Si l’on cherche à simplifier une langue, ne la dénaturons pas un peu? … D’accord, je suis décidément trop romantique. Les langues changent, elles vont et viennent. On les ressuscite parfois. (Ou — sacrilège — on tente de les exterminer!) De toute façon, je ne cherche pas ici à me faire l’avocat des obsolescences linguistiques. C’est simplement que le texte de Foglia m’a rappelé cette notion qui prenait la poussière dans l’étagère de mon esprit: L’anomalie comme source de richesse et d’évolution. Ne dit-on pas que l’on apprend plus de nos erreurs que de nos...

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Philopoétique bruceleeenne

Posted by on 28 Juil 2009 in Arts, Lettres | 1 comment

En faisant quelques recherches sur les arts martiaux, je me suis penché sur la figure de Bruce Lee. Une légende. Voire un mythe — entendu ici au sens de «récit symbolique qui donne un sens à la vie, à l’action». Tout le monde connaît la façade, certes, mais je crois que bien peu connaissent qui se cache derrière: quelqu’un qui a longuement réfléchi sur les arts martiaux, il va de soi, mais également sur la vie et l’art en général. En écoutant des entrevues, j’ai trouvé qu’il avait un discours articulé. J’ai donc fouillé un peu plus loin pour découvrir qu’il avait fait des études supérieures en philosophie à l’université de Washington. Réellement intrigué par ce qu’il avait pu écrire, je me suis procuré un bouquin (Bruce Lee: Artist of Life, de John Little, éditions Tuttle) rassemblant une pléthore de textes sur des sujets franchement variés: kung-fu, philosophies orientale et occidentale, psychologie, poésie (eh oui, Bruce était poète!), jeet kune do, développement personnel et comédie. Cet être phénoménal s’était tracé comme ligne de conduite de trouver un idéal qui saurait transcender et regrouper toutes ses entreprises et ses actions. Rien de moins. Et moi qui adore les utopies holistiques! Est-ce vraiment une utopie, avec cette connotation d’irréalisable? Non. Lee travaillait chaque jour à la réalisation, à l’actualisation de cet idéal. À en juger par l’onde de choc que sa brève existence a créée, cet objectif est en partie atteint. Évidemment, je ne peux passer sous silence ses prouesses physiques, au premier plan, sa vitesse extraordinaire. Tellement rapide, le gars, que l’on devait filmer certaines scènes en 32 images/seconde au lieu du traditionnel 24 images/seconde, sinon ses mouvements étaient flous à l’écran! Bruce pouvait lancer un grain de riz dans les airs et le rattraper avec des baguettes chinoises. Sa force était également exceptionnelle. Par exemple, les fameux pushups à une main, où il n’utilisait que l’index et le pouce. Et je vous invite à aller voir son fameux « one inch punch« . Voici quelques citations tirées d’un texte intitulé «Toward personal liberation» qu’il a écrit pour la revue Black Belt: «Truth is a pathless road.» «The individual is always more important than the system.» «I cannot teach you; only help you to explore yourself. Nothing more.» «Style should never be the gospel truth.» «Combat, like freedom, is something that cannot be preconceived.» «Combat “as is” is total (including all “that is” as well as all “that is not”) without favorite lines or angles, having no boundaries and always fresh and alive; it is never set and is constantly changing.» «Drilling on routines and set patterns will eventually make a person good according to the routines and set patterns, but only self-awareness and self-expression can lead to truth.» «In any physical movement there is always a most efficient and alive manner for each individual to accomplish the purpose of the performance, that is, in regard to proper leverage, balance in movement, economical and efficient use of motion and energy, and so forth. Live, efficient movement that liberates is one thing; sterile classical sets that bind and condition are another. Also, there is a subtle difference between “having no form” and having “no-form”; the first is ignorance, the second transcendence.» «A teacher, a good teacher that is, functions as a pointer to truth, but not as a giver of truth. He employs a minimum of form to lead his students to the formless. Furthermore, he points out the importance of being able to enter a mold without being imprisoned by it; or to follow the principle without being bound by them.» «Above...

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Hic Sunt Dracones

Posted by on 7 Nov 2007 in Lettres | 2 comments

L’expression latine hic sunt dracones, qui veut dire «ici sont les dragons», se drape d’une légende, qui voile la réalité dans une brume mystérieuse. De fait, selon la tradition médiévale, les cartographes inscrivaient généralement, dans les régions mal ou peu connues, le terme terra incognita, «terres inconnues». Selon la légende, hic sunt dracones pouvait remplacer ce terme pour désigner les confins de la connaissance géographique où, logiquement, devaient se terrer des créatures fantastiques et redoutables comme les dragons. En réalité, un seul exemple subsiste de nos jours qui atteste peut-être de la véracité de cette légende: le globe Lenox, qui date du début du XVIe siècle, porte en effet cette mention dans les mers d’Asie. Cette unique mention a suffit, semble-t-il, pour enflammer l’imagination des êtres humains, toujours prêts à écouter une bonne histoire. Le dragon symbolise cette part obscure et malaisément compréhensible qui régit les êtres et les choses. Il représente adéquatement la créativité cahoteuse, dont la mécanique demeure bien souvent occulte, cependant que l’acte créateur sert d’acte exploratoire, pouvant révéler ce que recèle la ténèbre qui nous...

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Altérité scripturale

Posted by on 5 Mai 2007 in Lettres | 2 comments

«L’écriture, si elle prétend être davantage qu’un jeu, ou un enjeu, n’est qu’un long, interminable travail d’ascèse, une façon de se déprendre de soi en prenant sur soi: en devenant soi-même parce qu’on aura reconnu, mis au monde l’autre qu’on est toujours.» — Jorge Semprun, L’écriture ou la vie

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Montagne et Méditerranée en prose

Posted by on 1 Mai 2007 in Lettres | 2 comments

Le rocher de Tanios… «Ma Montagne est ainsi. Attachement au sol et aspiration au départ. Lieu de refuge, lieu de passage. Terre du lait et du miel et du sang. Ni paradis ni enfer. Purgatoire.» Le rocher dont il est question sied sur cette Montagne aux pins majestueux et aux peuples fiers et simples. Et Tanios, qui est-il? Fils illégitime d’un cheikh? Élève doué? Instrument des puissances étrangères? Meurtrier? Libérateur de son peuple? Mélangeant la fiction et la réalité, le drame personnel et le conflit historique, Amin Maalouf peint une fresque d’une originalité sans pareil qui nous transporte dans le Liban du XIXe siècle et nous fait côtoyer paysans et marchands, seigneurs et ambassadeurs en nous dévoilant leurs coutumes, leurs sagesses et leurs folies. Le rocher de Tanios forme une tapisserie tissée de nombreux fils différents : l’histoire, la psychologie, la sociologie, la politique, mais aussi la poésie, la sagesse et la philosophie. Les détails du microcosme social de la Montagne se juxtaposent aux événements dominants de l’histoire de la Méditerranée. La sagesse, la réflexion et la soif de connaître et de vivre se frayent un chemin aux côtés de l’absurdité et des paradoxes humains. Amin Maalouf y traite de l’exil et du sentiment d’appartenance, mais aussi du refus de la propagande, de l’endoctrinement et des dogmes. Les chapitres du livre portent le nom de passage: rien n’y est figé, statique. Tout au contraire, les événements happent les personnages et les entraînent dans les remous de l’Histoire, mais aussi des histoires, des conflits et des amours, des trahisons et amitiés, qui se lient ensemble pour former une toile complexe, que l’on boit pourtant à grande gorgée, comme de l’eau fraîche et limpide. Voyage dans le temps, mais aussi dans les cultures bien vivantes de cette époque, Le rocher de Tanios fait figure de point de repère pour l’âme dans le paysage accidenté des intégrismes et des fondamentalismes modernes. …d’Amin Maalouf Amin Maalouf est née à Beyrouth, au Liban, le 25 février 1949, de parents catholiques, minoritaires dans ce pays. Il a fréquenté un collège jésuite français où il a étudié l’économie et la sociologie, après quoi, en 1971, il a commencé à travailler pour le journal An-Nahar, maintenant la tradition familiale journalistique. En 1975 éclatent des conflits à Beyrouth qui mèneront à la guerre civile. Amin Maalouf prend alors refuge dans son village montagnard natal où il décidera finalement de s’exiler, ce qu’il fait avec sa famille l’année suivante. On trouve un écho de ce moment à la fin de son œuvre Le rocher de Tanios, premier roman où il traite directement de cette patrie première qu’il a volontairement quittée. Il s’est ensuite installé à Paris et a commencé à travailler comme collaborateur pour la revue Jeune Afrique, dont il deviendra plus tard le rédacteur en chef. Auteur prolifique, il a écrit son premier ouvrage en 1983, Les croisades vues par les Arabes, un essai historique, et cumule, depuis lors, une dizaine de titres. Cependant, réduire Amin Maalouf à ces quelques détails ne lui rend pas justice. Éxilé volontaire, sa véritable patrie demeure l’écriture, tous les autres lieux ne sont que des passages (un des thèmes du livre). Considéré comme une minorité dans son pays d’origine, puis comme un immigré en France, il chante, à travers ses œuvres, les vertus de l’universalité. Dans ses propres termes : «Il n’y a pas seulement « moi », et « l’autre »; en moi, il y a un peu de l’autre, et dans l’autre, il y a un peu de moi.» Lien: Le site officiel d’Amin...

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Mon jardin à moi…

Posted by on 19 Avr 2007 in Lettres | 0 comments

«Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles! Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard, Ne pas être obligé d’en rien rendre à César, Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite, Bref, dédaignant d’être le lierre parasite, Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul, Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!» Edmond Rostand, Cyrano de...

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