Posts Tagged "L’insipide a mauvais goût"

La mardechandisation

Posted by on 18 Juil 2018 in Politique | 0 comments

La mardechandisation

Hier soir je suis allé voir l’expo sur Banksy et c’était très bien, reste que j’ai comme un malaise à payer 50$ le billet pour aller voir les oeuvres d’un dude qui critique le système capitaliste. D’ailleurs, il y avait cette citation-là à la fin du parcours: Et tout de suite après, on tombe sur une salle rempli de marchandises reproduisant les images les plus célèbres de l’artiste… Ironique. Je suis pas sûr que je tripe. Évidemment «I’m not stuck in the traffic, I am the traffic», comme j’aime bien le répéter à qui veut l’entendre (et même à ceux qui n’aiment pas ça). Que j’achète ou non la marchandise de Banksy, je participe quand même du système d’exploitation globale que l’on appelle le capitalisme. Reste qu’il y a une limite que je peux pas franchir, celle de participer du merchandising comme celui-ci. Je me demande d’ailleurs à qui va les profits dans ce cas-ci. Ça m’intrigue tellement que je suis allé fouiller sur le net… Et je crois bien qu’il ne fait pas d’argent sur ces commodités, si je me fie à cet article du Forbes. À lire également, cet autre article ici sur le paradoxe que représente l’idée même d’une expo sur son art. Par ailleurs, qu’est-ce que j’ai fait après avoir vu l’expo? Je suis allé boire du vin à prix prohibitif (malgré 50% de rabais) sur une terrasse d’un bar branché. Regarde l’idiot qui pointe la lune dans une flaque...

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En parlant du loup…

Posted by on 11 Mai 2017 in Politique | 0 comments

En parlant du loup…

Depuis que j’ai lu 1984 et que j’ai participé au panel de discussion au cégep à ce sujet (voir ma scribouillure précédente), plein d’articles se mettent sur mon chemin qui étayent mon analyse. Les voici en vrac… Alain Deneault, «Le Canada est toujours une colonie», sur le management en politique et la réduction des humains à des éléments quantifiables, corvéables, malléables et, sommes toutes, jetables: «Le Canada vit sous le régime de la gouvernance, qui est pour moi le contraire de la politique bien qu’elle laisse planer cette confusion sémantique. Ce concept vient du monde de l’entreprise, qui a recyclé en anglais un mot du vieux français. […] Le concept a ensuite été appliqué à la sphère publique lorsqu’on a voulu lui inculquer un mode de fonctionnement similaire, basé sur l’efficience, le rendement et la productivité. «Une telle théorie ne pouvait que convenir au Canada, qui en est à l’avant-garde. La volonté populaire, le bien commun, l’intérêt public n’existent pas. Seule compte la gestion, l’administration efficiente par un ensemble de pouvoirs constitués. L’Etat agit, dès lors, comme un notaire pour organiser la cohabitation entre les prétendants. Il favorise des ententes, des contrats entre acteurs de la société civile et assure l’intendance.» «La médiocratie est un régime qui nous enjoint à la médiocrité. La médiocrité n’est pas l’incompétence, c’est le fait de la moyenne. La médiocratie résulte de la recherche, par les entreprises, par les institutions de pouvoir, de personnel interchangeable, et donc formaté dans une « moyenne », non pas sociologique mais dictée. […] «Les pouvoirs privés ne veulent pas de gens en dessous de cette médiocrité, leurs employés doivent posséder quelques compétences sociales ou techniques définies. Mais ils ne veulent pas non plus des gens qui débordent de passion ou d’idées, qui ont une éthique, une vraie autonomie. […] Et cela crée des vagues de suicides chez France Telecom, des dépressions nerveuses massives dans le monde professionnel.» Robert Théoret et Étienne Boudou-Laforce, «Une bonne santé mentale pour satisfaire aux normes de la société?», sur l’emprise du credo néolibéral vécu comme pensée unique: «Depuis plus d’un quart de siècle, le discours néolibéral s’est frayé un chemin dans toutes les sphères de la société, y compris dans le domaine des pratiques en santé mentale. Concurrence, performance, productivité, responsabilité, adaptabilité sont devenues les conditions gagnantes du bien-être individuel et collectif.» «La société n’est alors plus considérée comme une collectivité de citoyens solidaires, mais plutôt comme un amalgame — une somme — d’individus en compétition les uns contre les autres dans la quête du bien-être. De la sorte, l’idée de bien-être individuel et de « bonne » santé mentale peut apparaître comme une mesure de la soumission au modèle néolibéral, venant ainsi célébrer la satisfaction aux normes d’une société à la dérive.» Sur la falsification de la réalité par le jeu des statistiques ou le traficage de documents, plusieurs exemples: Le trucage des notes dans les évaluations des élèves et le taux de diplomation: «Maquillages» de Patrick Lagacé et  «Le taux de diplomation pire que le laisse paraître Québec» de Mathieu Dion; La question des urgences: «Attente aux urgences: du camouflage de patients, selon des intervenants» d’Ariane Lacourcière; La disparition pure et simple d’information gênante: «Préparation de témoins: l’administration Couillard fait disparaître un contrat» de Geneviève Lajoie; Le blocage d’information compromettante: «Le Parti libéral voulait cacher 41 mots-clés, dont « fraude »» d’Alexandre Robillard. Dans tous ces cas, les dirigeants trompent les citoyens dans l’espoir de maintenir la fiction qui leur permet de se maintenir au pouvoir. Comme le dit Lagacé, il y a quelque chose de soviétique là-dedans… pour ne pas dire quelque chose d’orwellien. Et si les médias en parlent,...

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De 1984 à aujourd’hui: Big Brother vs Little Sisters

Posted by on 9 Mai 2017 in Politique | 0 comments

De 1984 à aujourd’hui: Big Brother vs Little Sisters

Il y a plusieurs similitudes entre l’œuvre de George Orwell et notre époque. La discussion qui s’est tenue au cégep Garneau le 24 avril 2017 a été organisée par Valérie Caron, professeure de lettres, car la vente du livre a connu un bond fulgurant depuis l’élection de Trump. La question qui nous était posée ratissait large : En quoi est-ce toujours une œuvre d’actualité? Il y a de fait de nombreuses similitudes entre l’univers décrit par Orwell et notre monde. Conformisme, surveillance, contrôle, pensée unique, totalitarisme… Totalitarisme?! Le XXIe siècle ne connaît pourtant presque aucun régime totalitaire, à l’exception peut-être de la Corée du Nord, rétorqueront les connaisseurs. L’hypothèse que je tente d’étayer est la suivante : le système économique néolibéral, triomphant depuis la fin du XXe siècle, est un totalitarisme. D’autres le disent autrement, comme Manuela Cadelli : « Le néolibéralisme est un fascisme ». Autre similitude entre nos deux mondes : le pouvoir comme fin en soi. Le bien commun? L’intérêt général? Une contrainte mineure, un grain de sable dans l’engrenage. Et le grain est bel et bien broyé à la fin du récit orwellien… (Qu’en est-il de notre monde? Notre récit, heureusement, n’est pas encore terminé.) L’utilisation des sciences, des statistiques à des fins intéressées. Monde hypersurveillé, policé, lissé, laminé, réducteur, aliénant, c’est-à-dire où les personnes sont sciemment réduites à des choses, à des chiffres, à des abstractions. Chosifier. Réifier. Des mots que j’aime haïr… Plusieurs similitudes, donc, mais de plus nombreuses différences encore. Portrait de l’univers de 1984 La Terre est divisée en trois blocs régionaux, des supra-États, chacun doté d’un pouvoir central omnipotent. Oui, omnipotent, car on y détecte jusqu’à la pensée! La surveillance est omniprésente et le contrôle des populations, complet, le tout piloté par le supra-État centralisé. L’uniformité dictée par le pouvoir public est pensée, réfléchie, méthodique, et les outils du contrôle sont imposés aux populations : télécran et police de la pensée en surveillent constamment les éléments. Cette uniformité est parfaite par une manipulation totale de l’information, la réécriture constante de l’histoire : il n’y a qu’une seule vérité, celle de Big Brother. Par ailleurs, la création de fausses nouvelles et l’altération de l’Histoire ne forment même pas un mensonge. Car cette vérité créée de toute pièce n’a aucun lien avec la réalité : « Ce n’est que la substitution d’un morceau de non-sens par un autre. » Et personne ne semble se rendre compte de cette constante falsification. La nourriture est uniforme, et infecte. L’optimisme est obligatoire : tout va bien, tout va pour le mieux, Big Brother ne se trompe jamais. La haine est dirigée contre un ennemi factice, tout le monde embarque dans les deux minutes de haine et la semaine de la haine, mais la cible de ce ressentiment pourrait être n’importe qui, n’importe quoi : elle n’a pas vraiment d’importance, la cible ne sera jamais la cause. Du reste, Big Brother présente deux cibles faciles : l’ennemi intérieur, Goldstein, le traître-saboteur, et l’ennemi extérieur : l’Autre, peu importe qui il est, avec qui la guerre est constante, car celle-ci favorise deux choses : la discipline et l’économie. La société est divisée en deux castes : les prolétaires et les membres du parti, ces derniers étant sous-divisés entre les membres ordinaires et ceux de l’élite. Les prolétaires n’ont aucune importance, tant qu’ils travaillent, s’occupent de leurs enfants, se battent entre eux, visionnent des films, supportent leur équipe de foot, qu’ils boivent de la bière, s’adonnent à la loterie et que cela forme l’horizon de leur esprit, tout ira bien : ce qu’ils pensent n’importe pas, de toute façon ils ne pensent pas vraiment. Les membres du parti, eux, doivent se conformer aux règles...

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Le sauveur… des apparences

Posted by on 8 Déc 2016 in Politique | 0 comments

Le sauveur… des apparences

Philippe Couillard affirme sans rire (c’est fort) que le PLQ a sauvé le Québec… Ça ressemble plutôt à ça: Comme l’a si bien écrit PoPO: «La liberté c’est l’esclavage, la guerre c’est la paix, et Jean Charest n’a jamais existé.» La pauvreté? Un exemple parmi tant d’autres… La transition énergétique? Une farce… La rigueur budgétaire? Sauf pour les riches (il faut mentionner ici que le problème est davantage dans la cour du fédéral, mais quand même, on n’a qu’à penser à Bombardier)… Bienvenue (une fois de plus) dans l’ère de la post-vérité. Comment on en est arrivé là? Quelques pistes de réflexion: Comment la gauche libérale a inventé la « post-vérité » Renaud Garcia : une critique de gauche de la...

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Violence aveugle contre violence invisible

Posted by on 6 Déc 2016 in Politique | 0 comments

Violence aveugle contre violence invisible

Quelques vitrines pétées au centre-ville de Montréal créent bien des émois chez les bonnes gens. Pour une réflexion nuancée, lire François Boucher et Jocelyn Maclure. Pour ma part, comme Jonathan Aspireault-Massé, je crois que tant que la violence invisible causée par l’égoïsme institutionnalisé ne deviendra pas un enjeu plus important que le vandalisme, on s’en sortira pas. C’est le sarcasme quotidien que nous sert le système: les pauvres peuvent bien crever, tant que la production augmente et que le consumérisme continue de nous mener à notre perte. Après, les bonne gens s’étonnent que les pauvres répliquent par des gestes insensés. Que leur reste-t-il? Acculée au désespoir, l’humanité n’entend rien à la...

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Business as usual

Posted by on 11 Nov 2016 in Politique | 0 comments

Business as usual

(À contre-courant de l’éclipse médiatique Trump-Cohen, je reviens sur quelque chose qui devrait nous interpeler davantage…) Pour moi, largement n’est pas synonyme de complètement… Pas bons ou simplement pourris? Pour des choses intelligentes et modérées, je vous invite à lire Brian Myles du Devoir à ce sujet. La réponse évidente aux questions que soulèvent Myles est celle que propose Patrick Lagacé — vous savez, celui qui était sur écoute? — depuis un certain temps déjà, à savoir que la police au Québec n’embête pas le politique. Quant à moi, je vais continuer à me demander pourquoi on n’est pas des millions à prendre d’assaut le...

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Le kiosque à diversion

Posted by on 4 Nov 2016 in Politique | 0 comments

Le kiosque à diversion

C’est-tû pas beau, la civilisation? Chaque fois que j’arrive à la caisse pour payer mon épicerie, je contemple toujours le kiosque à potins avec une fascination morbide, car un jour, avouons-le franchement, notre ridicule nous tuera… Cette fois-ci, c’était trop fort, fallait que je prenne une photo pour mettre dans ma galerie de l’insolite. Trudeau et Jackson dans une seule étagère, un deal qu’on ne peut refuser. Avec la toute chaude nouvelle comme quoi Steven Seagal, réincarnation d’un bouddha et activiste écologique, devenait citoyen russe en louangeant Poutin comme un des plus grands leaders du monde, bein j’ai pas l’choix que de m’étouffer de rire ou fondre en larme — ou les deux à la fois. C’est pas comme si on était en train de matraquer plein d’autochtones qui refusent de voir leur eau empoisonnée… Si au moins Trump pouvait gagner l’élection présidentielle et hâter la fin du monde, ça serait déjà...

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En attendant le Messie — Seppuku virtuel

Posted by on 9 Jan 2016 in Politique | 0 comments

En attendant le Messie — Seppuku virtuel

J’aime bien Justin Trudeau. C’est-à-dire que j’aime le phénomène, de mon humble point de vue de petit politologue, s’entend. Comme la plupart des gens, je me faisais une idée peu flatteuse du fougueux fils de l’autre. Cependant, quelqu’un (me rappelle plus qui… Josée Legault peut-être?) a émis l’hypothèse que c’était une ruse: toutes ses gaffes, son style fanfaron, ses allures de beau gosse, ses déclarations intempestives, etc., l’ont dépeint comme un faible adversaire: un piège. Ce serait la raison pour laquelle les conservateurs ont choisi une campagne longue qui laissait tout le temps à Trudeau de se mettre dans l’embarras. En effet, ils scandaient que Justin n’était pas prêt. Ils ont mangé une christ de claque: si ce n’était de l’épisode du conseiller-qui-aide-les-lobbyistes, il aurait eu un score parfait. Son ascension politique a donc été fulgurante: élu pour la première fois en 2007, il devient premier ministre en 2015… et sur la base de quoi? Mon opinion se résumait à l’idée qu’il était l’archétype même du politicien façon XXIe siècle: beau contenant, aucun contenu. Mais même ça n’est pas tout à fait juste: il avait pour contenu ce que les sondages dictaient que la population voulait. Dans les faits, c’est se leurrer. Il faut écouter l’oraison funèbre qu’il prononce à l’occasion de la mort du père pour s’en convaincre: il place déjà les pions de sa politique. Au fond, il surfe sur la vision que son père avait du Canada. On ne peut donc pas en conclure qu’il n’a rien à proposer. Ça peut nous plaire ou non, mais chose certaine cet homme est un bon acteur. Son discours de victoire est aussi important à mentionner, pour deux éléments importants: Le ton rassembleur (entre autres, le mot together revient souvent et «les conservateurs ne sont pas nos ennemis, mais nos voisins»); L’optimisme, dont le superbe punch final: «We defeated the idea that Canadians should be satisfied with less, that good enough is good enough, and that better just isn’t possible. Well, my friends, this is Canada, and in Canada, better is always possible!» Disons que ça fait longtemps qu’on a pas entendu un politicien nous parler de la sorte… ah oui, j’oublais Jean-Martin Aussant. J’aimerais vraiment une confrontation entre les deux, ça rassemblerait presque à l’époque Trudeau-Lévesque… presque. Évidemment, le discours est une chose. Nous jugerons des actes. Mais il y a quand même une occasion à saisir pour les citoyens, comme on peut le lire dans cet article de Martin Lukaks dans The Guardian: on doit exiger qu’il fasse ce qu’il dise. C’est très idéaliste, son affaire, parce que les gens attendent le Messie et si celui-ci s’avère être un faux prophète, ils baissent les bras et rentrent sagement chez eux. Ce qui m’intrigue surtout dans tout ça, c’est le phénomène médiatique. Les médias adorent Trudeau. (Facile, après Harper. Un ami disait très justement qu’une tranche de baloney aurait été tout aussi rafraîchissante après 10 ans de Grande Noirceur…) Les Étatsuniens sont jaloux de notre sexy PM. Les Français le compare à Kennedy. Tout le monde veut son selfie… Tout ça est bien décourageant. Dans les médias sociaux, il y a de ces nouvelles dont Tout le monde en parle… ça devient des éclipses médiatiques. Cecil the lion. Tremblement de Terre au Népal. Tout dernièrement, Jean-Paul L’Allier est mort. C’est bien beau tout ça. Mais voici la nouvelle que j’aurais aimé que Tout le monde en parle, en date du 4 janvier: Les pdg les mieux payés ont déjà touché le salaire annuel moyen d’un travailleur… Pourquoi aussi peu de tweets ou de posts là-dessus? C’est navrant. Comme ça m’emmerde, j’ai décidé, pour cette raison entre autres, de me faire Seppuku sur Facebook, de me suicider...

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Les véritables entrepreneurs

Posted by on 9 Avr 2015 in Politique | 0 comments

Les véritables entrepreneurs

Crédit capture d’image: Anne Archet; si les libéraux sont quoi que ce soit, ce sont les entrepreneurs de pompes funèbres du Québec. Avec des gens comme Françoise Bertrand, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, pas étonnant que le Québec traîne de la patte. Selon elle, l’idée du manifeste Élan global (www.elanglobal.org) de se détourner du pétrole pour entrer de plain-pied dans le XXIe siècle en développant les énergies renouvelables est une vision de poète romantique et passéiste (Journal de Montréal, 7 avril 2015). Ianik Marcil réplique bien mais un peu trop poliment à la dame (Journal de Montréal, 8 avril 2015); je crois qu’on peut aller plus loin. Madame Bertrand est le genre même de dinosaures qui tue lentement les énergies vives du Québec. En effet, les Chinois sont en train de conquérir le monde en prenant, autoritairement il est vrai, le virage vert (L’actualité, 6 avril 2015). Pendant ce temps, le Québec de Couillard reste un simple fournisseur de matières premières dont les redevances et impôts n’arrivent même pas à rembourser les deniers étatiques qui subventionnent les parasites (Le Devoir, 8 avril 2015). Mais il ne faudrait surtout pas manifester notre mécontentement. Surtout pas. Restons un peuple de gagne-petit, de pense-petit, et nous aurons au moins la sainte paix en menant La p’tite vie faite de confort et d’indifférence… … malheureusement, même nos petits acquis s’effritent devant l’appétit vorace de la finance mondiale et grâce à la complicité de certains syndicalistes d’arrière-garde du genre de Jacques Létourneau (Voir, 4 avril 2015, et Dure réalité webzine, 3 avril 2015). À une certaine époque, pas si lointaine, les élites clamaient «Hors de l’Église, point de salut». Tout action était soupesée dans la balance divine sous le regard inquisiteur des hommes de Dieu. Aujourd’hui, ce fanatisme religieux nous semble bien stupide (sauf pour les émules de Jean Tremblay, hélas, rien n’est parfait). En regardant en arrière on se dit, médusé: «Méchante bande de taouins qui gobaient tout ce qu’on voulait leur faire croire!» Ce que j’espère pour notre civilisation, c’est que d’ici quelques siècles (je suis optimiste, mais y’a des limites quand même…), on puisse regarder en arrière et se dire: «Méchante bande de taouins, ils mesuraient tout en terme comptable, pas capable de voir plus loin que le profit du prochain trimestre…» Pour en revenir aux sbires de l’empire du style de madame Bertrand, je me pose une question: quel genre d’entrepreneurs représente cette race de monde? Un entrepreneur n’est-il pas quelqu’un qui a le désir de créer du neuf, d’aller au-delà du convenu — genre to boldly go where no one has gone before! En ce cas, n’est-ce pas quelqu’un qui a le courage de prendre des risques et qui ne reste pas assis sur ses lauriers, surtout quand tout indique que ses lauriers sont empoisonnés? Qui sont les véritables entrepreneurs? Les dinosaures ou les poètes? Les résignés ou les contestataires? Est-ce que les entrepreneurs québécois auront le courage de changer de trajectoire? Vont-ils se laisser damer le pion par les Chinois? Et les Québécois en général, veulent-ils subir le sort que leur réserve les dinosaures qui profitent d’un système emballé sur l’autoroute de l’obsolescence programmée ou veulent-ils sortir du Moyen-Âge néolibéral? Si d’antan les paysans ne s’étaient pas soulevés, les monarques absolus seraient encore en train de nous exploiter… Le Refus global, plus que jamais, est d’actualité : fuck toutt!...

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Encore et encore et encore — jusqu’à quand?

Posted by on 16 Avr 2013 in Politique | 0 comments

Encore une tuerie. Encore un suicide. Tout le monde en parle. C’est un fou! Pourquoi a-t-il fait ça? C’est horrible! OK, mais qu’est-ce qui se cache derrière ces phénomènes? Une civilisation qui disjoncte solide. Comment ne pas virer fou? C’est plutôt la question à se poser. Comment ne pas virer fou quand on est bombardé de pressions sociales contradictoires : (NOTA BENE : c’est pas un sermon, mais un simple défoulement.) Sois original mais rentre dans le rang. L’argent fait pas le bonheur mais les milliardaires font rêver. Sois authentique mais les apparences sont importantes. Fais l’amour, pas la guerre, cependant que la meilleure défense, c’est l’attaque. Chicks-toi mais c’est la beauté intérieure qui compte. Fie-toi pas aux apparences ni à ceux qui ont l’air louche. Passe du temps avec les enfants mais bosse comme un cave pour ta carrière. Il faut savoir prendre le temps de prendre le temps, néanmoins travaille comme un esclave pour te payer des bebelles inutiles qui scrapent trop vite pis des vacances qui durent pas assez longtemps (pis pendant ce temps-là, le travail s’accumule, ce qui fait qu’à ton retour, tu bosses doublement pour rattraper le temps perdu). Aie de saines habitudes alimentaires, mais gâte-toi avec toutes les cochonneries programmées pour te rendre accro. Faut faire du sport, sans négliger ta famille pis ta carrière. Suis tes passions mais trouve-toi une vraie job. Aie des rêves mais arrête de pelleter des nuages. Sois visionnaire, pourtant résigne-toi à la dure réalité. Change le monde mais arrête de critiquer, ça sert à rien, c’est ça la vie. Relaxe, sauf qu’il faut respecter les échéances, toujours plus serrées au fur et à mesure que les machines te poussent dans l’cul, christ de fainéant. L’important, c’est d’être intègre, néanmoins réussir sa vie, c’est être « quelqu’un » (comme si y’avait des gens qui étaient « personne »). La spiritualité est fondamentale, sauf que notre société est totalement basée sur des notions matérialistico-consuméristes. Récupère, réutilise, composte, mais aie la dernière version du dernier gadget à la mode, pur produit de l’obsolescence programmée, qui t’aidera à liker avec plus d’aisance et d’assiduité le dernier décolleté so shocking de la dernière poupoune tendance. Pauvres animaux maltraités par les intégristes religieux, mais miam-miam-miam le bacon confiné dans de sordides cages si exiguës que le gras en ressort par bourrelets entre les barreaux, bourré d’hormones et d’antibiotiques qui se retrouvent dans les cours d’eau, puis dans la chaîne alimentaire. C’est important de manger bio, mais >ark< faut surtout pas qu’il y ait de poques sur ta belle pomme écarlate, explosant de jus même en plein hiver. Les christs de politiciens, sont toutts crotés, mais tu fais refaire ta salle de bain au noir. Il faut préserver nos ressources limitées, mais l’économie doit rouler infiniment....

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