Posts Tagged "Montées de lettres"

Tant qu’y’aura une route à suivre…

Posted by on 15 Déc 2016 in Lettres | 0 comments

Tant qu’y’aura une route à suivre…

Déménager du stock d’une place à l’autre, beau prétexte pour prendre la route… Surtout si ça nous permet de contempler des paysages comme ça : Quelque part aux confins de la Beauce et de Bellechasse, j’ai commencé à voir surgir dans mon windshield de spectaculaires collines aux boisés lourds de neige. Passé Lac-Etchemin, je me suis aventuré sur des rangs où la blancheur étincelante offrait un contraste saisissant avec le ciel ouaté de gris et de bleu et où perçait parfois quelque cascade de soleil, véritable zeste piquant au milieu de la froidure. J’y ai vécu un des enthousiasmes les plus débiles de ma vie tant chaque courbe m’aspirait dans un nouveau décor où toutes les aventures en puissance gisaient tapies sous la nappe blanche ou les sombres échines courbées des branches qui ployaient avec l’hivernale apesanteur. Cet émerveillement, c’est la naissance de toute littérature, de tout conte, de tout récit; oubliant momentanément mes objectifs bien terre-à-terre de simple déménageur du dimanche, je rêvais que la route me mène à une petite chaumière emmitouflée de cette chape cristalline immaculée et chauffée à blanc par un âtre sans prétention, une plume prête à valser sur le papier vierge d’où pourraient jaillir mille gestes, mille joies et mille Géhennes. Le déplacement, qu’il soit à pied ou en véhicule, nous donne l’extraordinaire occasion de sortir de notre sentier quotidien rebattu par nos sempiternelles tracks de CD usés pour laisser l’esprit autrement encarcané vagabonder à souhait au gré des caprices du paysage, véritables miettes de bonheur qu’on peut suivre tel un petit Poucet qui veut retracer ses pas jusqu’à l’origine de la vie. Tant qu’y’aura une route à suivre, peu importe la destination, je pourrai...

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Urbanité et ubiquité

Posted by on 4 Déc 2013 in Lettres | 1 comment

Urbanité et ubiquité

Ou l’humanité urbi et orbi Pouvez-vous répéter la question? «Est-ce qu’une ville a une âme? Et si oui, comment faire pour l’amener sur le chemin de la croissance personnelle?» Voilà ce qui a déclenché la discussion, mais ce n’était pas le début, tant s’en faut. Comme tout pommier, les racines plongent profondément et parfois très loin sous terre, dans toutes les directions. En fait, tout a commencé avec ce conte des deux bouts du monde, de la source claire, limpide et cristalline, du pommier, du banquet… Non. À dire vrai, tout a commencé quand elle m’a contacté— C’est qui, elle? Ça, ça nous ramène encore plus loin, puisque je l’ai connue à la capoeira, lieu de rencontres résolument urbain comme il y en a tant dans nos communautés. Elle, c’est Nadia Beaudry, alias Perle Fostokjian, alias Loba (ci-après, Loba). Loba, c’est la louve du début du monde, comme dans l’histoire de Remus et Romulus, vous connaissez? Eh oui, sans la louve, pas de fondation de Rome, ni république ni empire, encore moins tous ces rêves de bâtisseurs conquérants mégalomanes élevés à même les ruines de la Ville éternelle… M’enfin, Loba m’a contacté: «Ça te dirait de participer à une table ronde ayant comme thème Science et urbanité? — Sais pas trop… Me semble j’ai pas grand-chose à dire là-dessus? (En plus, ch’ûs tellement timide… mais ça, je lui ai pas dit.) — Fais-toi-z-en pas, t’es même pas obligé de prendre la parole. — Laisse-moi y penser et je te reviens là-dessus.» Mais à ce moment précis dans ma tête le hamster s’agite: comment une table ronde où on est pas obligé de parler peut bien fonctionner?! C’est assez simple, parce que, justement, c’est libre. Voici le concept: on réunit une bande d’humains d’horizons variés, on commence la soirée dans la salle d’expo Paris en scène du Musée de la civilisation, une fille raconte un conte qui n’est pas un conte, mais trois contes en un (pommier, deux bouts du monde et banquet), de manière volontairement décousue (c’était volontaire, non?), on fait un premier tour de piste voir qu’est-ce qui jaillit spontanément, on met ça à mijoter quelques minutes, le grand groupe se divise en sous-groupes, on se pose des questions pour trouver des questions à se poser, on retourne en grand groupe et on se les pose une première fois pour voir l’effet que ça fait, le goût que ça laisse dans la bouche, pis après on vote à savoir quelle question on veut vraiment se poser. Et c’est là que ça commence. Vraiment? Oui pis non. C’est bien le début de quelque chose, mais ça fait déjà pas loin d’une heure que le processus est enclenché. La question retenue nous amène dans toutes les directions. Retour sur le pommier: les racines viennent de partout comme les branches partent dans tous les sens aussi. Pis là on jase. On se pose des questions sur la question. On tente des réponses. On raconte des anecdotes. On renchérit. On contredit. On nuance. On s’élance et on s’émeut. Mais c’est quand ça finit qu’on a vraiment l’impression que ça commence. Quelque chose comme un germe s’est déposé doucement dans les circonvolutions de notre appareil cérébral (ou est-ce dans notre âme?). Une pomme — des pommes naîtront peut-être un jour de ce pommier, et d’autres pommiers fleuriront — à moins que les pommes ne finissent au banquet! La rencontre nous rapproche, comme l’urbanité, ce tissu d’échanges spontanés ou systématiques, cahoteux et chaotiques. On tisse ensemble un récit sur le champ des possibles, sur la vision de l’unicité des multiplicités qu’est toute communauté, on fait justice à...

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Le hameau des ombres

Posted by on 11 Juil 2013 in Lettres | 0 comments

Ne restait plus rien. Ou presque. Le gars qui m’a vendu sa maison était soulagé, d’un soulagement égal à qui a traversé le désert pendant plus longtemps qu’il le devrait et mes piastres avaient l’effet de trop d’eau déversé à même le goulot sur sa tête dénudé… Car il avait autant de cheveux qu’il y avait d’habitants au hameau de Saint-Nil. C’est pas peu dire. Pour moi, c’était une occasion, ou tout comme. J’avais pas beaucoup d’argent et il vendait pas cher, content de se débarrasser de ce poids qui pesait de plus en plus lourd au fur et à mesure que l’exode empirait. Bientôt, le Québec se résumerait à quelques grandes villes et des régions vides de gens. On dit que Saint-Nil, à son époque de gloire, devait compter quelque trois milliers d’âme. Lorsque j’ai acheté la vieille maison, ne restait plus que des centaines. Aujourd’hui, alors que j’écris ces lignes, ce sont des dizaines. Autant dire que c’est un village fantôme, car on croise rarement quelqu’un dans les parages. La seule activité se résume à des ombres qui guettent l’heure de la mort, inquiets d’être encore là alors que tout le monde a tout oublié et que même les souvenirs se sont enfuis, enfouis au loin, en des lieux où les vivants pourraient les chérir en paix. Ces ombres sont parfois troublées par une voiture égarée qui passe par la rue principale en quête d’une destination quelconque. Dans le calme de la nature sauvage qui a repris ses droits, on entend le vrombissement lointain du moteur qui fait l’effet d’une rumeur sur la plaine. Tranquillement l’engin se rapproche et l’atmosphère se trouble : qui peut bien venir agiter de ses vibrations indues l’atmosphère de mort qui règne en maître sur ces lieux? Puis, la machine et son vacarme sont déjà repartis, les ombres exaspérées retournent à leur lubies méditatives : le bolide ne venait pas ici. Il ne faisait que passer. Et déjà la poussière retombe. Mais même cela est appelé à cesser, car bientôt il ne restera plus aucune destination, même éloignées, qui ferait que quelqu’un, même en le voulant, pourrait se perdre par ici. Tout sera oublié, les pissenlits reconquerront l’asphalte. Le passage de la civilisation sera tranquillement mais inexorablement sublimé dans la rampante...

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Montée de lettre sur la mort des lettres restée lettre morte

Posted by on 21 Mai 2013 in Lettres | 5 comments

Ça y est, ils ont tué le programme Art et lettres au cégep… Qui ça, «ils»? Les légions de zombies aliénés… Personne, donc. C’est-à-dire qu’aucun vivant n’a tué les lettres, que ceux qui vivent s’en émeuvent de cette mort des lettres et que ceux qui tuent font déjà partie intégrante — intégriste — de ceux qui ne vivent plus que par procuration et qui s’en foutent, de cette mort lettrée, de cette grave mort gravée en toutes lettres. Les zombies ont tué les lettres. Et ce faisant, l’institution du début (possible) de l’instillation d’un esprit critique par voie des lettres est morte avec la mort des lettres… Et c’est passé comme une lettre à la poste. Ou plutôt comme un post sur Facebook. L’actualité s’est brièvement animée d’une intense montée de lettres, pour, la vague passée, sombrer dans l’oublie des publications passées, donc désuètes, l’équivalent des limbes dans notre culture de l’abrévié, montée de lettres sur la mort des lettres restée lettre morte, donc. Lisez — si vous avez encore quelque pouls — Foglia. Oui, celui qui de pouls ferait sursauter n’importe quel zombie — si seulement il savait lire — et qui cherche des poux à chaque lettre qu’il pousse. Mais non, il ne les cherchent pas: les poux le trouve, et où qu’il aille, d’ailleurs. Probablement jusque dans la tombe. Des poux zombies? Pourquoi pas… Foglia sur la mort des...

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Encore et encore et encore — jusqu’à quand?

Posted by on 16 Avr 2013 in Politique | 0 comments

Encore une tuerie. Encore un suicide. Tout le monde en parle. C’est un fou! Pourquoi a-t-il fait ça? C’est horrible! OK, mais qu’est-ce qui se cache derrière ces phénomènes? Une civilisation qui disjoncte solide. Comment ne pas virer fou? C’est plutôt la question à se poser. Comment ne pas virer fou quand on est bombardé de pressions sociales contradictoires : (NOTA BENE : c’est pas un sermon, mais un simple défoulement.) Sois original mais rentre dans le rang. L’argent fait pas le bonheur mais les milliardaires font rêver. Sois authentique mais les apparences sont importantes. Fais l’amour, pas la guerre, cependant que la meilleure défense, c’est l’attaque. Chicks-toi mais c’est la beauté intérieure qui compte. Fie-toi pas aux apparences ni à ceux qui ont l’air louche. Passe du temps avec les enfants mais bosse comme un cave pour ta carrière. Il faut savoir prendre le temps de prendre le temps, néanmoins travaille comme un esclave pour te payer des bebelles inutiles qui scrapent trop vite pis des vacances qui durent pas assez longtemps (pis pendant ce temps-là, le travail s’accumule, ce qui fait qu’à ton retour, tu bosses doublement pour rattraper le temps perdu). Aie de saines habitudes alimentaires, mais gâte-toi avec toutes les cochonneries programmées pour te rendre accro. Faut faire du sport, sans négliger ta famille pis ta carrière. Suis tes passions mais trouve-toi une vraie job. Aie des rêves mais arrête de pelleter des nuages. Sois visionnaire, pourtant résigne-toi à la dure réalité. Change le monde mais arrête de critiquer, ça sert à rien, c’est ça la vie. Relaxe, sauf qu’il faut respecter les échéances, toujours plus serrées au fur et à mesure que les machines te poussent dans l’cul, christ de fainéant. L’important, c’est d’être intègre, néanmoins réussir sa vie, c’est être « quelqu’un » (comme si y’avait des gens qui étaient « personne »). La spiritualité est fondamentale, sauf que notre société est totalement basée sur des notions matérialistico-consuméristes. Récupère, réutilise, composte, mais aie la dernière version du dernier gadget à la mode, pur produit de l’obsolescence programmée, qui t’aidera à liker avec plus d’aisance et d’assiduité le dernier décolleté so shocking de la dernière poupoune tendance. Pauvres animaux maltraités par les intégristes religieux, mais miam-miam-miam le bacon confiné dans de sordides cages si exiguës que le gras en ressort par bourrelets entre les barreaux, bourré d’hormones et d’antibiotiques qui se retrouvent dans les cours d’eau, puis dans la chaîne alimentaire. C’est important de manger bio, mais >ark< faut surtout pas qu’il y ait de poques sur ta belle pomme écarlate, explosant de jus même en plein hiver. Les christs de politiciens, sont toutts crotés, mais tu fais refaire ta salle de bain au noir. Il faut préserver nos ressources limitées, mais l’économie doit rouler infiniment....

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L’élégance conforme au fond

Posted by on 17 Fév 2010 in Lettres | 1 comment

Mon coeur s’est enflammé comme une mèche en lisant L’élégance du hérisson et la détonation littéraire qui s’en est ensuivie n’a eu d’égale que… que… Y a-t-il déjà eu telle déflagration poétique dans mon univers? … Cyrano de Bergerac. Évidemment, il est impossible de comparer un baklava à une tarte chocolat-noisette, mais le ravissement du palais sémantique demeure aussi élevé, ainsi que le taux de cholestérol. Ce qui frappe dans ce livre, c’est que la plume de Muriel Barbery est aussi fine que les réflexions qu’elle nous offre sur le politique, la société, et l’art, et la vie, et l’amour, et la mort. L’adéquation même du fond et de la forme. Un chef-d’oeuvre sans compromis, qui transporte l’âme, submerge le coeur et laisse songeur. Chaque page mériterait que l’on s’y attarde quelques heures, sinon une vie entière, question d’en bien saisir la profondeur et les implications dernières. Et pourtant, l’oeuvre se boit cul sec tant on se rend compte que l’on a soif de cette quintessence qui nourrit la vie. Loin de la mondanité. Loin des tracas et des trivialités. Il ne nous reste plus qu’une option: attendre que la poussière retombe — cette poussière qui s’agite dans la lumière et par là même nous fascine trop pour contempler le rayon solaire — attendre, puis relire à petites gorgées pour savourer chacune à sa juste...

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Éloge de l’anomalie

Posted by on 14 Jan 2010 in Lettres | 2 comments

La nature s’enrichit de la bizarrerie, comme Foglia nous le rappelle — en ses mots si colorés — dans un article où il déclare: «Je suis, moi, furieusement pour les anomalies.» Son propos concerne la langue. Moi aussi, j’aime les anomalies du français, ses règles obscures, sa graphie incongrue et ses accents déroutants, sans parler de son étymologie dédaléenne. C’est joli, toutes ces cicatrices que la vie a laissées sur la langue. Et l’on sait bien que notre richesse, c’est précisément notre différence et notre complexité. Si l’on cherche à simplifier une langue, ne la dénaturons pas un peu? … D’accord, je suis décidément trop romantique. Les langues changent, elles vont et viennent. On les ressuscite parfois. (Ou — sacrilège — on tente de les exterminer!) De toute façon, je ne cherche pas ici à me faire l’avocat des obsolescences linguistiques. C’est simplement que le texte de Foglia m’a rappelé cette notion qui prenait la poussière dans l’étagère de mon esprit: L’anomalie comme source de richesse et d’évolution. Ne dit-on pas que l’on apprend plus de nos erreurs que de nos...

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Les anges dans nos campagnes…

Posted by on 29 Déc 2009 in Lettres | 0 comments

… publicitaires ont entamé leur vente à rabais de souhaits usagés! Achetez maintenant et ne payez qu’en 2010, et ce, sans aucun intérêt! Trêve de plaisanteries de mauvais goût. Je profite de cette occasion (voyez comme je suis profiteur…) afin de nous souhaiter — avec toute l’ardeur légendaire que vous me connaissez — un monde meilleur où l’allégresse ne sera point tempérée par l’abjecte déchéance dans laquelle peut (parfois / souvent / à la folie) s’engouffrer l’être humain avec la délectation d’une créature des profondeurs abyssales. Espérons donc que, un grain de sable à la fois, nous puissions bâtir la plage de nos rêves et que la prochaine décennie sera ensoleillée, ainsi que les suivantes. Veuillez graver dans votre cœur en lettres dorées, chers amis, mes plus chaleureuses et fraternelles salutations. P.-S. : 1) La formule salutations doit être ici — comme partout où je l’écris, d’ailleurs — rapprochée du salut entendu comme « le fait d’échapper à la mort, au danger, de garder ou de recouvrer un état heureux, prospère » ainsi que comme « formule exclamative par laquelle on souhaite à qqn santé, prospérité ». 2) Veuillez prévoir des parasols et de la crème solaire pour ne pas attraper un cancer de la peau, ça serait plate de ne pas pouvoir profiter de ladite...

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Venir au monde

Posted by on 13 Mar 2009 in Lettres | 4 comments

Nous y sommes. L’Apocalypse a eu lieu. Notre ancienne vie laissée derrière nous, nous entrons de plain-pied dans cette ère nouvelle : notre fils est né. Mon nouvel amour. Le coup de foudre. J’ai senti une force indicible jaillir en moi lorsqu’il a pointé sa tête sur le seuil de la vie, alors que sa mère donnait tout ce qu’elle avait à donner. Chaque fibre de son corps déployait l’absolue totalité des ressources dont elle disposait. Tout tendait vers un seul but. Une seule direction. Dehors. Au monde. Peu de temps auparavant, dans cette phase de la poussée, la sage-femme s’est tournée vers moi. «C’est ta femme, m’a-t-elle dit en me fixant du regard, dans toute sa force… (pause dramatique) …et sa vulnérabilité.» Oui. Je vois. Je contemple, même. Je ne comprends pas — je ressens. Je sais, je crois savoir, mais je ne saurai jamais vraiment ce que c’est. Je passe cette nuit-là à veiller sur mon amour. À la lueur des chandelles, j’observe une véritable vigile pour ce passage initiatique non dénué de périls, avant de vraiment pouvoir célébrer la vie dans toute sa splendeur. C’est d’une beauté incomparable, cette force. C’est tout simple, si primitif. Elle est nue. Elle va mettre au monde à la sueur de son front, sans plus de raffinement technologique que nos ancêtres (ou à peine, mais le poète en fait fi). Et lui va y venir, au monde, de la même manière. La Maison de naissances, quel lieu magnifique. Un endroit dédié à une seule fonction, celle d’aider les parents — les femmes en premier lieu — à donner la vie de la manière la plus simple qui soit, celle que la nature a prévue et qui fonctionne à merveille dans la majorité des cas, une tradition millénaire ayant maintes fois fait ses preuves (et pour les complications, vive la médecine, tout de même). Et les sages-femmes, elles sont tout simplement majestueuses, telles des prêtresses qui officient le plus sacré des rites sur terre. Leur présence, leurs connaissances, leur empathie, les bons mots — et les silences! — aux bons moments, tout leur être concoure à mener le frêle esquif de la vie au travers cet ardu passage. Quand je vois enfin sa tête poindre, je ne peux retenir mon émotion, et les larmes se précipitent sur mon visage béat. Quelques minutes plus tard, nous sommes tous les trois collés l’un sur l’autre. Ils vivent. Je pleure. Mes amours sont admirables… Cette émotion m’habite toujours — je n’ai qu’à songer à ces instants de magie arcane et millénaire pour que les larmes menacent de refaire surface — et je connais maintenant le secret de la vie. Je suis venu au monde en même temps que mon...

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Je le sens bouger…

Posted by on 28 Oct 2008 in Arts | 2 comments

«Je le sens bouger dans mon ventre!» m’écriai-je l’autre jour. Euh, non. Finalement, c’était les papillons dans l’estomac. C’est fou, depuis que je l’ai vu en action lors de l’échographie, le fait d’être père est devenu passablement plus concret — en plus de savoir que c’est un gars. Je peux maintenant imaginer, visualiser cette vie prochaine, la sienne, la mienne, la nôtre. Et comme le ventre de ma douce grossit maintenant à vue d’œil (ou presque) et qu’elle sent de plus en plus les mouvements de la crevette, celle-ci m’apparaît de moins en moins théorique. Le fait de l’avoir vue m’aide à me l’imaginer de manière concrète, cette petite vie intra-utérine faite de mouvements ultras saccadés. Est-ce un présage? Ou les têtards de cette taille bougent-ils tous avec cette même détermination? D’accord, je ne le sens pas dans mon ventre, j’affirme cependant qu’il a déjà commencé à bouger dans mon cœur. Et non, il n’a pas encore de...

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