Posts Tagged "Aliénation et esclavage"

L’humain qui se tisse en se soulevant…

Posted by on 22 Mar 2015 in Politique | 0 comments

L’humain qui se tisse en se soulevant…

Qui est ce peuple? «Si l’on dit alors que « le peuple » est dans la rue, ce n’est pas un peuple qui aurait existé préalablement, c’est au contraire celui qui préalablement manquait. Ce n’est pas « le peuple » qui produit le soulèvement, c’est le soulèvement qui produit son peuple, en suscitant l’expérience et l’intelligence communes, le tissu humain et le langage de la vie réelle qui avaient disparu.» — À nos amis, Le comité...

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Montée de lettre sur la mort des lettres restée lettre morte

Posted by on 21 Mai 2013 in Lettres | 5 comments

Ça y est, ils ont tué le programme Art et lettres au cégep… Qui ça, «ils»? Les légions de zombies aliénés… Personne, donc. C’est-à-dire qu’aucun vivant n’a tué les lettres, que ceux qui vivent s’en émeuvent de cette mort des lettres et que ceux qui tuent font déjà partie intégrante — intégriste — de ceux qui ne vivent plus que par procuration et qui s’en foutent, de cette mort lettrée, de cette grave mort gravée en toutes lettres. Les zombies ont tué les lettres. Et ce faisant, l’institution du début (possible) de l’instillation d’un esprit critique par voie des lettres est morte avec la mort des lettres… Et c’est passé comme une lettre à la poste. Ou plutôt comme un post sur Facebook. L’actualité s’est brièvement animée d’une intense montée de lettres, pour, la vague passée, sombrer dans l’oublie des publications passées, donc désuètes, l’équivalent des limbes dans notre culture de l’abrévié, montée de lettres sur la mort des lettres restée lettre morte, donc. Lisez — si vous avez encore quelque pouls — Foglia. Oui, celui qui de pouls ferait sursauter n’importe quel zombie — si seulement il savait lire — et qui cherche des poux à chaque lettre qu’il pousse. Mais non, il ne les cherchent pas: les poux le trouve, et où qu’il aille, d’ailleurs. Probablement jusque dans la tombe. Des poux zombies? Pourquoi pas… Foglia sur la mort des...

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Encore et encore et encore — jusqu’à quand?

Posted by on 16 Avr 2013 in Politique | 0 comments

Encore une tuerie. Encore un suicide. Tout le monde en parle. C’est un fou! Pourquoi a-t-il fait ça? C’est horrible! OK, mais qu’est-ce qui se cache derrière ces phénomènes? Une civilisation qui disjoncte solide. Comment ne pas virer fou? C’est plutôt la question à se poser. Comment ne pas virer fou quand on est bombardé de pressions sociales contradictoires : (NOTA BENE : c’est pas un sermon, mais un simple défoulement.) Sois original mais rentre dans le rang. L’argent fait pas le bonheur mais les milliardaires font rêver. Sois authentique mais les apparences sont importantes. Fais l’amour, pas la guerre, cependant que la meilleure défense, c’est l’attaque. Chicks-toi mais c’est la beauté intérieure qui compte. Fie-toi pas aux apparences ni à ceux qui ont l’air louche. Passe du temps avec les enfants mais bosse comme un cave pour ta carrière. Il faut savoir prendre le temps de prendre le temps, néanmoins travaille comme un esclave pour te payer des bebelles inutiles qui scrapent trop vite pis des vacances qui durent pas assez longtemps (pis pendant ce temps-là, le travail s’accumule, ce qui fait qu’à ton retour, tu bosses doublement pour rattraper le temps perdu). Aie de saines habitudes alimentaires, mais gâte-toi avec toutes les cochonneries programmées pour te rendre accro. Faut faire du sport, sans négliger ta famille pis ta carrière. Suis tes passions mais trouve-toi une vraie job. Aie des rêves mais arrête de pelleter des nuages. Sois visionnaire, pourtant résigne-toi à la dure réalité. Change le monde mais arrête de critiquer, ça sert à rien, c’est ça la vie. Relaxe, sauf qu’il faut respecter les échéances, toujours plus serrées au fur et à mesure que les machines te poussent dans l’cul, christ de fainéant. L’important, c’est d’être intègre, néanmoins réussir sa vie, c’est être « quelqu’un » (comme si y’avait des gens qui étaient « personne »). La spiritualité est fondamentale, sauf que notre société est totalement basée sur des notions matérialistico-consuméristes. Récupère, réutilise, composte, mais aie la dernière version du dernier gadget à la mode, pur produit de l’obsolescence programmée, qui t’aidera à liker avec plus d’aisance et d’assiduité le dernier décolleté so shocking de la dernière poupoune tendance. Pauvres animaux maltraités par les intégristes religieux, mais miam-miam-miam le bacon confiné dans de sordides cages si exiguës que le gras en ressort par bourrelets entre les barreaux, bourré d’hormones et d’antibiotiques qui se retrouvent dans les cours d’eau, puis dans la chaîne alimentaire. C’est important de manger bio, mais >ark< faut surtout pas qu’il y ait de poques sur ta belle pomme écarlate, explosant de jus même en plein hiver. Les christs de politiciens, sont toutts crotés, mais tu fais refaire ta salle de bain au noir. Il faut préserver nos ressources limitées, mais l’économie doit rouler infiniment....

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De l’esclavage des intérêts

Posted by on 5 Mai 2012 in Politique | 1 comment

Du mythe de la juste part Je crois que la contribution raisonnable, elle est déjà en place. Rapidement, en arrondissant, disons qu’un bacchelier termine ses études avec une dette de 12 000 $, en moyenne. Une augmentation des frais de scolarité ne va qu’empirer la chose. L’argent sauvé par l’État avec cette augmentation est en partie perdue parce qu’il va bonifier les prêts et bourses. Qui gagne? Pas l’université, qui voit son budget amputé de la somme que paieront les étudiants. Peu l’État, qui doit défrayer l’augmentation des prêts et bourses (ça doit faire une somme assez impresionnante, tous ces intérêts qu’il paie pendant que les étudiants sont sur les banc d’école). Certainement pas les étudiants, qui s’endetteront davantage… Si les étudiants en ont déjà des dettes avec le système actuel, imaginez avec 75% de hausse! En outre, pensons aux familles, aux mères ou aux pères monoparentaux, aux chômeurs qui veulent se réorienter… y’a déjà plein de monde qui ne peuvent pas, à l’heure actuel, se payer des études — qu’est-ce que ce sera après cette politique mercantile? Donc, qui gagne vraiment sur toute la ligne? Les institutions financières! Totalement gagnantes… On s’entend pour dire qu’elles sont pas dans l’trou, elles. Par ailleurs, faisons le ménage dans la gestion de l’administration publique, faisons un sérieux ménage dans tout ce qui est collusion/corruption/copinage, exigeons des redevances qui soient sérieuses pour l’exploitation des ressources naturelles et on va pouvoir se la payer, la gratuité — pis bein d’autres choses! Chacun ses intérêts «On veut votre bien, pis on va l’avoir» (dixit Richard Desjardins). En effet, leurs intérêts ne sont pas les nôtres. Notre intérêt, celui du peuple, c’est le bien commun. Une notion floue. Certes non monnayable. Mais notre intérêt est difficile à défendre lorsque l’on croule sous les intérêts… des banques! L’esclavage moderne passe par les institutions financières. Le colonialisme XXIe siècle, c’est la financiarisation du monde. Voici un extrait révélateur d’un document, L’endettement forme la jeunesse, à lire et à partager abondamment: «Le travail salarié, qui servait à soutenir la consommation, devient une nécessité pour celui qui doit rembourser ses créanciers. En ce sens, l’endettement agit comme un puissant mécanisme de disciplinarisation, d’autant plus efficace qu’il est mis en place et intériorisé à un jeune âge. Ceux qui ont dû s’endetter afin de financer leurs études ressentent d’ailleurs rapidement le poids de cette discipline.» C’est effarant que l’on pense ériger ça en système. Les banques sont mortes de rire… pis c’est ainsi à l’échelle mondiale! Deux poids, deux dettes Par ailleurs, c’est toujours étonnant à quel point certaines personnes considèrent qu’il est normal que les gens s’endettent alors que pour l’État, c’est un crime inavouable. En y pensant bien, en s’endettant collectivement, on a un meilleur taux d’intérêt, puisque c’est au « prix du gros » et que l’État a une meilleure note de crédit que les particuliers. Évidemment, pas de dette du tout, c’est mieux — et il faudra bien régler la nôtre avant qu’elle ne nous domine! — mais à choisir entre les deux, je crois que la dette collective est beaucoup plus intelligente d’un point de vue solidaire. De plus, elle vient d’où cette dette de l’État? Avec le gaspillage et les soupçons de copinage, on est en droit d’avoir des réponses à cette question! Avant de faire payer la classe moyenne, faisons donc le ménage. Je suis contre toute forme de dette, mais à choisir, il est bien plus logique d’emprunter en gang que tout seul. Les banques le savent et préfère la deuxième option. En outre, le système économique est stupide: croissance infinie dans un monde...

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Du potentiel des muffins

Posted by on 12 Avr 2012 in Politique | 3 comments

J’ai déjà dit à mes étudiants qu’il y a deux manières de voir l’éducation… Le moule à muffins La première, celle qui a malheureusement cours dans la plupart des systèmes d’éducation à travers le monde, non par malveillance, mais bien parce que notre conception de l’apprentissage date d’une autre époque et n’a malheureusement jamais été mise à jour, est celle du moule à muffins. On connaît grosso modo les besoins et les goûts des clients, on fabrique une certaine quantité de muffins au chocolat, telle autre quantité de muffins à la banane, etc. Faut qu’la pâte ‘fite’ dans l’moule. Hors du moule point de salut. Par ailleurs, l’art de la pâtisserie est passé de mode. La pâtisserie se résume trop souvent à mélanger les ingrédients adéquats à la demande en s’assurant que la cuisson soit à point. Il y aura peut-être des pertes, mais c’est pas trop grave tant que le gros de la production est potable. Le plein potentiel L’autre manière de voir l’éducation consiste à aider les êtres humains à développer leur plein potentiel. Pédagogue vient du grec paidagôgos qui a signifié «esclave chargé de conduire les enfants à l’école» (pais, «enfant»; agôgos, «qui conduit») puis «précepteur». Le dérivé paidagôgia a quant à lui pris le sens de «direction, éducation des enfants». C’est à cette idée qu’il faut revenir : l’éducateur ne donne pas une formation à des gens, mais il les conduit sur le chemin de leur développement, il est un guide et non un “limitateur” (puisque former, c’est-à-dire donner une forme, c’est délimiter, donc limiter quelque chose, non?). Un paradigme qui tue l’humain Je vous laisse sur ce vidéo (en anglais) qui traite d’un plus que nécessaire changement de paradigme en éducation. De mémoire, c’était d’ailleurs le point de vue que M. Cormier défendait dans son manuscrit : le système d’éducation scrape les humains au lieu de favoriser leur...

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Qu’est-ce qu’un batizado?

Posted by on 1 Oct 2007 in Arts, Lettres | 1 comment

(Discours d’introduction au batizado de capoeira) Pour bien comprendre ce qu’est un batizado, encore faut-il savoir ce qu’est la capoeira. Ce discours n’est pas destinée aux initiés, mais plutôt aux parents et amis pour qui, même s’ils en ont peut-être déjà entendu parler, cette activité reste malgré tout un peu nébuleuse. La capoeira, c’est la réponse des êtres humains face à une grande tragédie: la suppression de leur liberté. En effet, c’est au sein du système esclavagiste portugais, à l’époque coloniale du Brésil, qu’est né cet art, comme bien d’autres qui en partagent certaines caractéristiques. Comme la capoeira, la samba, le maculelê et le maracatu sont tous des traditions d’inspiration africaine. Confronté à un monde nouveau, qui devait être étrange et hostile, les esclaves ont inventé ces traditions afin de recréer un univers social et une identité qui leur soient propres. C’est de l’invention de nouvelles traditions inspirées des cultures indigènes, africaines et européennes qu’est né le véritable Brésil, celui du peuple. Pour prendre l’exemple du maculelê, l’observateur y décèlera dans l’atmosphère une influence indigène, dans les mouvements, une inspiration africaine et, dans les chants, une note portugaise. Sans oublier de mentionner les bâtons de bois, qui représentent les machettes avec lesquelles les esclaves coupaient la canne à sucre, véritable symbole du passé colonial. Cependant, contrairement au maculelê et aux autres traditions brésiliennes, la capoeira présente plusieurs aspects supplémentaires. Au-delà de la danse, de la musique et des chants, il y a les acrobaties, les prouesses physiques, la lutte et, plus fondamentalement, le jeu. Plus précisément encore, la capoeira, c’est essentiellement un rituel. Et si on parle de rituel, cela présuppose une allégorie, un récit symbolique qui donne un sens aux actions, un récit qui doit être réactualisé à chaque fois que le jeu a lieu, peu importe l’endroit, peu importe l’époque et, surtout, peu importe les acteurs qui y prennent part. Ce récit de la capoeira, c’est celui de l’esclave en quête de libération. Au sens propre, c’est la libération du corps, mais au sens figuré, c’est aussi celle de l’esprit. Le capoeiriste cherche ainsi à s’affranchir de toute contrainte, il cherche la liberté du mouvement et de la pensée. En repoussant sans cesse ses limites, il redéfinit la frontière entre le possible et l’impossible. C’est très certainement l’une des raisons qui expliquent la popularité actuelle de cet art à travers le monde. De l’histoire contemporaine de la capoeira, il faut retenir que deux styles sont nés au XXe siècle, chacun ayant un représentant désormais célèbre: la capoeira angola, rendue fameuse sous l’égide du maître Pastinha, et la capoeira regional, créée et diffusée par le maître Bimba. Bien qu’il ait pu y avoir des conflits entre les représentants des deux tendances, le bon capoeiriste se doit de connaître et de valoriser chacune d’elle. C’est du moins la philosophie de notre école, Sul da Bahia. Quant à l’événement nommé batizado, c’est au maître Bimba que revient le mérite de l’avoir inventé. De fait, il comporte deux réalités: un rituel d’initiation, le batizado, qui signifie « baptême » en portugais, et un rituel de passage, nommé plus prosaïquement changement de corde. L’événement vise plusieurs objectifs. C’est pour ouvrir le cercle quelque peu hermétique de la capoeira aux non-initiés, les parents, les conjoints et les amis, afin que ceux-ci puissent apprécier les efforts de leurs proches. C’est aussi l’occasion d’inviter les maîtres, les professeurs et les élèves de l’extérieur pour leur montrer le travail accompli lors de la dernière année. Toutefois, le rituel existe principalement pour que les élèves puissent démontrer leurs progrès aux maîtres et pour que ceux-ci leur fassent comprendre qu’ils ont encore...

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Qu’est-ce que la capoeira?

Posted by on 6 Avr 2007 in Arts | 0 comments

La capoeira est un phénomène culturel complexe. Art martial et danse, musique, jeu et philosophie: elle est à l’image de la terre qui l’a vu naître, pleine de contrastes. En effet, comme le Brésil, elle plonge ses racines dans les cultures indigènes, africaines et européennes, formant un tout unique et original. Pour saisir toutes les nuances de cet art sans pareil, il est bon de connaître un peu son histoire. Un passé douloureux Les racines de la capoeira se trouvent liées à une des tragédies les plus importantes de la modernité, c’est-à-dire la traite des Noirs. Pendant trois siècles le commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques déporta 11 millions d’individus (certains auteurs évaluent ce nombre à 50 millions). À cause des conditions atroces d’emprisonnement, de 10 à 40 % mourraient en cours de route. Le berceau de la capoeira C’est dans les villes portuaires de Rio de Janeiro, Salvador et Recife que se développa cet art unique. L’environnement urbain fut important dans l’évolution de la capoeira parce que c’est là que l’on trouvait des « esclaves de gains » (escravos de ganho en portugais). Ceux-ci vendaient des produits ou offraient des services aux citadins et donnaient ensuite leur revenu au seigneur dont ils étaient la propriété. Comme ils travaillaient la plupart du temps sans supervision, ils avaient beaucoup plus l’occasion de fainéanter que tout autre type d’esclave. C’est dans ces moments de repos qu’ils développèrent le jeu de la capoeira, exercice ludique et discipline corporelle pouvant être utilisée à des fins martiales. La couronne ne voyait pas cet art d’un bon œil, car elle en percevait l’aspect périlleux pour l’ordre établi. On passa donc à réprimer durement toute manifestation du genre, infligeant jusqu’à trois cent coups de fouet au capoeiriste pris en flagrant. De plus, on étiquetait ceux-ci de vauriens et de vagabonds, ou malandros en portugais. Fiers de leur négritude, refusant ce terme réducteur, ils détournèrent le sens péjoratif de malandro et développèrent l’idée de la malandragem. Par ce terme, les capoeiristes en vinrent à évoquer la capacité à survivre malgré l’adversité, usant de débrouillardise et de ruse pour arriver à cette fin. La capoeira contemporaine L’histoire moderne de la capoeira a bifurqué au cours du XXe siècle. Deux héritages sont parvenus jusqu’à nous. D’un côté, maître Bimba créa la capoeira regional. De l’autre, maître Pastinha consacra la capoeira de Angola. Ces deux maîtres firent beaucoup pour redorer le blason de cet art marginal, particulièrement en la retirant de la rue où elle était auparavant pratiquée. Grâce à leur travail, la capoeira est aujourd’hui enseignée partout dans le monde et elle jouit d’un statut respectable au...

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