Blogue: Scribouillures

Une chose est certaine: l’insipide a mauvais goût. Les Scribouillures tentent d’y remédier en discourant sur les arts, les lettres et la politique.

La vie moins rêche

Posted by on 2 Déc 2016 in Lettres | 0 comments

La vie moins rêche

Je me lasse d’être lâche— le morceau avant qu’y soit trop tard, y’est jamais trop tôt pour recommencer sa vie à nouveau: mieux vaut tard que jamais pour le vieux motard que j’étais, sans regard en arrière, si tu fais fausse route, fais marche arrière, reste pas assis sur ton derrière, une déroute, c’est pas perdre la guerre: tiens-toi deboutt, même de peine et de misère, mille fois relève-toi coûte que coûte; tu trouveras le repos dans l’outre-tombe, dans un autre monde est possible, fixe la cible et recommence autant de fois qu’il le faut, passe au crible chaque pensée, chaque geste, chaque mot, et polis tes politesses; ta vie est un livre dont vous êtes le héros, si tes aventures se terminent dans d’atroces souffrances, recommence à zéro, la délivrance est pas au boutt du rouleau, l’espoir du Grand Soir est un faux— pas de plus dans l’erreur est humaine, l’errance est saine pour le héros en quête du Vrai, du Bon, du Beau: dans les sentiers battus point de salut; lâche prise et prise l’acharnement dans l’art de la prise de risque rien n’a rien; le hasard, les aléas, les coïncidences, la chance n’existent pas: rien n’arrive pour rien, toutt est dans toutt, l’arbre est dans ses feuilles et tu dois faire ton deuil; la vie n’est pas un roman: il n’y a pas de fin, encore moins de moyens d’y parvenir, personne ne vit heureux jusqu’à la fin des temps, même en ayant beaucoup d’enfants, il n’y a pas de Grand Soir, mais plein de petites matinées ensoleillées alimentant l’espoir qui avec l’amour et l’eau fraîche rendent la vie moins...

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Business as usual

Posted by on 11 Nov 2016 in Politique | 0 comments

Business as usual

(À contre-courant de l’éclipse médiatique Trump-Cohen, je reviens sur quelque chose qui devrait nous interpeler davantage…) Pour moi, largement n’est pas synonyme de complètement… Pas bons ou simplement pourris? Pour des choses intelligentes et modérées, je vous invite à lire Brian Myles du Devoir à ce sujet. La réponse évidente aux questions que soulèvent Myles est celle que propose Patrick Lagacé — vous savez, celui qui était sur écoute? — depuis un certain temps déjà, à savoir que la police au Québec n’embête pas le politique. Quant à moi, je vais continuer à me demander pourquoi on n’est pas des millions à prendre d’assaut le...

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Prendre soin de son char

Posted by on 5 Nov 2016 in Politique | 0 comments

Prendre soin de son char

C’est-tû pas cute? Le monsieur (parce que c’est clairement une affaire de gars au sens genré du terme) a mis une ptite laine sur son char… (Faut dire que l’été il monte même une tente pour le protéger des intempéries.) J’ai l’air de juger, han? Bein oui, je suis coupable. Je sais que je devrais pas, j’y travaille d’ailleurs. Énéwé, on a chacun nos lubies et je suis sûr que le dude en question rirait bien des miennes alors on est quitte. C’est juste que je peux pas m’empêcher de penser qu’il y a du monde qui ont de la misère à se trouver une tite laine pour passer l’hiver, sans parler des réserves autochtones où il y a pas d’eau courante ni d’électricité. En 2016. Au Canada. «Le plus meilleur pays du monde»(dixit Jean...

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Le kiosque à diversion

Posted by on 4 Nov 2016 in Politique | 0 comments

Le kiosque à diversion

C’est-tû pas beau, la civilisation? Chaque fois que j’arrive à la caisse pour payer mon épicerie, je contemple toujours le kiosque à potins avec une fascination morbide, car un jour, avouons-le franchement, notre ridicule nous tuera… Cette fois-ci, c’était trop fort, fallait que je prenne une photo pour mettre dans ma galerie de l’insolite. Trudeau et Jackson dans une seule étagère, un deal qu’on ne peut refuser. Avec la toute chaude nouvelle comme quoi Steven Seagal, réincarnation d’un bouddha et activiste écologique, devenait citoyen russe en louangeant Poutin comme un des plus grands leaders du monde, bein j’ai pas l’choix que de m’étouffer de rire ou fondre en larme — ou les deux à la fois. C’est pas comme si on était en train de matraquer plein d’autochtones qui refusent de voir leur eau empoisonnée… Si au moins Trump pouvait gagner l’élection présidentielle et hâter la fin du monde, ça serait déjà...

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Fuck Flag Day

Posted by on 19 Fév 2016 in Politique | 0 comments

Fuck Flag Day

Légèrement en retard pour vous parler du Flag Day… c’est-tû pas beau tout ça? Perso, j’aime pas trop les drapeaux. Même celui du Québec me donne parfois envie de vomir. Je voulais écrire un billet pour commémorer un Flag Day qui a marqué l’histoire, celui du fameux Shawinigan Handshake, lorsque le premier ministre Jean Chrétien avait personnellement pris les choses en main, à voir sur YouTube. J’avais oublié cet épisode grandiose de l’Histoire jusqu’à ce que j’achète cette bière: Je vous laisse découvrir ça dans un dépanneur près de chez...

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En attendant le Messie — Seppuku virtuel

Posted by on 9 Jan 2016 in Politique | 0 comments

En attendant le Messie — Seppuku virtuel

J’aime bien Justin Trudeau. C’est-à-dire que j’aime le phénomène, de mon humble point de vue de petit politologue, s’entend. Comme la plupart des gens, je me faisais une idée peu flatteuse du fougueux fils de l’autre. Cependant, quelqu’un (me rappelle plus qui… Josée Legault peut-être?) a émis l’hypothèse que c’était une ruse: toutes ses gaffes, son style fanfaron, ses allures de beau gosse, ses déclarations intempestives, etc., l’ont dépeint comme un faible adversaire: un piège. Ce serait la raison pour laquelle les conservateurs ont choisi une campagne longue qui laissait tout le temps à Trudeau de se mettre dans l’embarras. En effet, ils scandaient que Justin n’était pas prêt. Ils ont mangé une christ de claque: si ce n’était de l’épisode du conseiller-qui-aide-les-lobbyistes, il aurait eu un score parfait. Son ascension politique a donc été fulgurante: élu pour la première fois en 2007, il devient premier ministre en 2015… et sur la base de quoi? Mon opinion se résumait à l’idée qu’il était l’archétype même du politicien façon XXIe siècle: beau contenant, aucun contenu. Mais même ça n’est pas tout à fait juste: il avait pour contenu ce que les sondages dictaient que la population voulait. Dans les faits, c’est se leurrer. Il faut écouter l’oraison funèbre qu’il prononce à l’occasion de la mort du père pour s’en convaincre: il place déjà les pions de sa politique. Au fond, il surfe sur la vision que son père avait du Canada. On ne peut donc pas en conclure qu’il n’a rien à proposer. Ça peut nous plaire ou non, mais chose certaine cet homme est un bon acteur. Son discours de victoire est aussi important à mentionner, pour deux éléments importants: Le ton rassembleur (entre autres, le mot together revient souvent et «les conservateurs ne sont pas nos ennemis, mais nos voisins»); L’optimisme, dont le superbe punch final: «We defeated the idea that Canadians should be satisfied with less, that good enough is good enough, and that better just isn’t possible. Well, my friends, this is Canada, and in Canada, better is always possible!» Disons que ça fait longtemps qu’on a pas entendu un politicien nous parler de la sorte… ah oui, j’oublais Jean-Martin Aussant. J’aimerais vraiment une confrontation entre les deux, ça rassemblerait presque à l’époque Trudeau-Lévesque… presque. Évidemment, le discours est une chose. Nous jugerons des actes. Mais il y a quand même une occasion à saisir pour les citoyens, comme on peut le lire dans cet article de Martin Lukaks dans The Guardian: on doit exiger qu’il fasse ce qu’il dise. C’est très idéaliste, son affaire, parce que les gens attendent le Messie et si celui-ci s’avère être un faux prophète, ils baissent les bras et rentrent sagement chez eux. Ce qui m’intrigue surtout dans tout ça, c’est le phénomène médiatique. Les médias adorent Trudeau. (Facile, après Harper. Un ami disait très justement qu’une tranche de baloney aurait été tout aussi rafraîchissante après 10 ans de Grande Noirceur…) Les Étatsuniens sont jaloux de notre sexy PM. Les Français le compare à Kennedy. Tout le monde veut son selfie… Tout ça est bien décourageant. Dans les médias sociaux, il y a de ces nouvelles dont Tout le monde en parle… ça devient des éclipses médiatiques. Cecil the lion. Tremblement de Terre au Népal. Tout dernièrement, Jean-Paul L’Allier est mort. C’est bien beau tout ça. Mais voici la nouvelle que j’aurais aimé que Tout le monde...

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Les véritables entrepreneurs

Posted by on 9 Avr 2015 in Politique | 0 comments

Les véritables entrepreneurs

Crédit capture d’image: Anne Archet; si les libéraux sont quoi que ce soit, ce sont les entrepreneurs de pompes funèbres du Québec. Avec des gens comme Françoise Bertrand, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, pas étonnant que le Québec traîne de la patte. Selon elle, l’idée du manifeste Élan global (www.elanglobal.org) de se détourner du pétrole pour entrer de plain-pied dans le XXIe siècle en développant les énergies renouvelables est une vision de poète romantique et passéiste (Journal de Montréal, 7 avril 2015). Ianik Marcil réplique bien mais un peu trop poliment à la dame (Journal de Montréal, 8 avril 2015); je crois qu’on peut aller plus loin. Madame Bertrand est le genre même de dinosaures qui tue lentement les énergies vives du Québec. En effet, les Chinois sont en train de conquérir le monde en prenant, autoritairement il est vrai, le virage vert (L’actualité, 6 avril 2015). Pendant ce temps, le Québec de Couillard reste un simple fournisseur de matières premières dont les redevances et impôts n’arrivent même pas à rembourser les deniers étatiques qui subventionnent les parasites (Le Devoir, 8 avril 2015). Mais il ne faudrait surtout pas manifester notre mécontentement. Surtout pas. Restons un peuple de gagne-petit, de pense-petit, et nous aurons au moins la sainte paix en menant La p’tite vie faite de confort et d’indifférence… … malheureusement, même nos petits acquis s’effritent devant l’appétit vorace de la finance mondiale et grâce à la complicité de certains syndicalistes d’arrière-garde du genre de Jacques Létourneau (Voir, 4 avril 2015, et Dure réalité webzine, 3 avril 2015). À une certaine époque, pas si lointaine, les élites clamaient «Hors de l’Église, point de salut». Tout action était soupesée dans la balance divine sous le regard inquisiteur des hommes de Dieu. Aujourd’hui, ce fanatisme religieux nous semble bien stupide (sauf pour les émules de Jean Tremblay, hélas, rien n’est parfait). En regardant en arrière on se dit, médusé: «Méchante bande de taouins qui gobaient tout ce qu’on voulait leur faire croire!» Ce que j’espère pour notre civilisation, c’est que d’ici quelques siècles (je suis optimiste, mais y’a des limites quand même…), on puisse regarder en arrière et se dire: «Méchante bande de taouins, ils mesuraient tout en terme comptable, pas capable de voir plus loin que le profit du prochain trimestre…» Pour en revenir aux sbires de l’empire du style de madame Bertrand, je me pose une question: quel genre d’entrepreneurs représente cette race de monde? Un entrepreneur n’est-il pas quelqu’un qui a le désir de créer du neuf, d’aller au-delà du convenu — genre to boldly go where no one has gone before! En ce cas, n’est-ce pas quelqu’un qui a le courage de prendre des risques et qui ne reste pas assis sur ses lauriers, surtout quand tout indique que ses lauriers sont empoisonnés? Qui sont les véritables entrepreneurs? Les dinosaures ou les poètes? Les résignés ou les contestataires? Est-ce que les entrepreneurs québécois auront le courage de changer de trajectoire? Vont-ils se laisser damer le pion par les Chinois? Et les Québécois en général, veulent-ils subir le sort que leur réserve les dinosaures qui profitent d’un système emballé sur l’autoroute de l’obsolescence programmée ou veulent-ils sortir du Moyen-Âge néolibéral? Si d’antan les paysans ne s’étaient pas soulevés, les monarques absolus seraient encore en train de nous exploiter… Le Refus global, plus que jamais, est d’actualité : fuck toutt!...

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L’humain qui se tisse en se soulevant…

Posted by on 22 Mar 2015 in Politique | 0 comments

L’humain qui se tisse en se soulevant…

Qui est ce peuple? «Si l’on dit alors que « le peuple » est dans la rue, ce n’est pas un peuple qui aurait existé préalablement, c’est au contraire celui qui préalablement manquait. Ce n’est pas « le peuple » qui produit le soulèvement, c’est le soulèvement qui produit son peuple, en suscitant l’expérience et l’intelligence communes, le tissu humain et le langage de la vie réelle qui avaient disparu.» — À nos amis, Le comité...

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No future à louer

Posted by on 7 Fév 2015 in fourre-tout | 0 comments

No future à louer

Notre civilisation…

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Dédé traqué

Posted by on 3 Juin 2014 in Arts | 0 comments

(Je voulais écrire quelques réflexions post-électorales… mais c’est jamais sorti. Semblerait que ce soit pas si important. Voici donc quelque chose qui me tient pas mal plus à cœur…) Sur les traces de Dédé des Colocs Dernièrement, et ça faisait longtemps que je voulais le faire, j’ai lu deux livres sur André Dédé Fortin du groupe Les Colocs : un de Raymond Paquin, son agent, l’autre de Jean Barbe, écrivain. Pourquoi s’est-il suicidé? Paquin n’avance pour sa part que peu d’explications, se contentant de relater les événements de son point de vue, et à sa manière assez particulière : une prose bigarrée, qui m’a plu énormément, où se mélange profondeur et légèreté. Et il ne rapporte exclusivement, ou presque, que ce dont il a été témoin : il ne met « pas des mots dans la bouche » aux autres, comme il le dit. Selon lui, Dédé s’est trop donné, il voulait trop en faire pour trop de monde — le monde entier s’il avait pu! — et il avait prémédité l’heure de sa mort. La seule chose qui l’a tenu en vie, ce serait, toujours selon Paquin, ces nombreuses promesses à des chums qu’il tenait à respecter. Des deux, c’est Paquin que j’ai préféré lire. Ça se lit comme un roman et il y a de tout, dans ce livre-là. Pourtant c’est Barbe qui, d’une certaine manière, apporte le plus d’eau au moulin. Car il va plus loin. Son essai est pour lui une quête démystifiante : l’énigme de sa propre existence se reflète dans celle de Dédé. Les deux se confondent. C’est parfois agaçant. Parfois. Néanmoins, outre ses envolées littéraires, qui ne me parlent pas toujours, Barbe apporte des réflexions nourrissantes sur cette affaire. Pour lui, c’est la contradiction entre André-le-ti-cul -qui-veut changer-le-monde et Dédé-la-rock-star-idolâtrée qui constate son impuissance à le faire malgré un pouvoir grandissant conféré par la notoriété et la gloire. Emblématique, Dehors novembre se voulait une provocation qui n’a pas été relevée comme telle — provocation et cri de détresse à la fois. Je me souviens bien de cette époque. J’avais jamais été un grand fan des Colocs. Avant Dehors novembre. Jusque-là, j’aimais bien les entendre, mais c’était trop joyeux pour moi, c’était pas mon genre à ce moment-là de ma vie. Cependant, cet album-là me parlait, la souffrance qui s’y trouvait résonnait avec la mienne. Je comprenais. Sauf que personne ne semblait comprendre — du moins, ça devait lui apparaître comme ça. Je me souviens des ados, voire des préados — 12 ans à peine! — qui chantaient Tassez-vous de dlà avec enthousiasme, sans se rendre compte (en apparence) de toute la douleur qui en suintait. Cette naïveté a pu être perçue par Dédé comme un échec de plus : il était impuissant à remuer les gens pour les faire changer le monde. Ce constat d’impuissance supplémentaire, c’est la goutte qui a mis le feu aux poudres? Ç’a peut-être précipité l’événement fatidique, reste que tout semblait en place depuis longtemps. (Peut-être depuis sa naissance?) Aussi, Barbe lance l’hypothèse suivante : c’est l’échec d’André en tant qu’humain qui l’a mené à sa mort, parce qu’il se voyait devenir ce qu’il détestait de la société, c’est-à-dire quelqu’un dont la réussite lui donnait des privilèges, le droit d’en faire à sa tête. Il se serait donc tué parce qu’il s’éloignait de son idéal, au...

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