Lettres

Tout ce qui a trait à la littérature, à la littératie et à la culture en général

Éloge de l’anomalie

Posted by on 14 Jan 2010 in Lettres | 2 comments

La nature s’enrichit de la bizarrerie, comme Foglia nous le rappelle — en ses mots si colorés — dans un article où il déclare: «Je suis, moi, furieusement pour les anomalies.» Son propos concerne la langue. Moi aussi, j’aime les anomalies du français, ses règles obscures, sa graphie incongrue et ses accents déroutants, sans parler de son étymologie dédaléenne. C’est joli, toutes ces cicatrices que la vie a laissées sur la langue. Et l’on sait bien que notre richesse, c’est précisément notre différence et notre complexité. Si l’on cherche à simplifier une langue, ne la dénaturons pas un peu? … D’accord, je suis décidément trop romantique. Les langues changent, elles vont et viennent. On les ressuscite parfois. (Ou — sacrilège — on tente de les exterminer!) De toute façon, je ne cherche pas ici à me faire l’avocat des obsolescences linguistiques. C’est simplement que le texte de Foglia m’a rappelé cette notion qui prenait la poussière dans l’étagère de mon esprit: L’anomalie comme source de richesse et d’évolution. Ne dit-on pas que l’on apprend plus de nos erreurs que de nos...

Read More

Les anges dans nos campagnes…

Posted by on 29 Déc 2009 in Lettres | 0 comments

… publicitaires ont entamé leur vente à rabais de souhaits usagés! Achetez maintenant et ne payez qu’en 2010, et ce, sans aucun intérêt! Trêve de plaisanteries de mauvais goût. Je profite de cette occasion (voyez comme je suis profiteur…) afin de nous souhaiter — avec toute l’ardeur légendaire que vous me connaissez — un monde meilleur où l’allégresse ne sera point tempérée par l’abjecte déchéance dans laquelle peut (parfois / souvent / à la folie) s’engouffrer l’être humain avec la délectation d’une créature des profondeurs abyssales. Espérons donc que, un grain de sable à la fois, nous puissions bâtir la plage de nos rêves et que la prochaine décennie sera ensoleillée, ainsi que les suivantes. Veuillez graver dans votre cœur en lettres dorées, chers amis, mes plus chaleureuses et fraternelles salutations. P.-S. : 1) La formule salutations doit être ici — comme partout où je l’écris, d’ailleurs — rapprochée du salut entendu comme « le fait d’échapper à la mort, au danger, de garder ou de recouvrer un état heureux, prospère » ainsi que comme « formule exclamative par laquelle on souhaite à qqn santé, prospérité ». 2) Veuillez prévoir des parasols et de la crème solaire pour ne pas attraper un cancer de la peau, ça serait plate de ne pas pouvoir profiter de ladite...

Read More

Mon beau sapiens, roi des follets

Posted by on 24 Déc 2009 in Lettres | 0 comments

Comme un flot noir continu résonnent les paroles maculées sur ce papier autrement virginal — la fine fleur des arabesques cérébrales se répand sans hiatus — flot éternel qui berce l’esprit et l’hypnotise — finalité simplissimement grandiose qu’est l’éloquence de l’écho pour l’ouïe de la brise perdue en des lieux déconcertants — je cherche, je cherche — que vois-je au loin? — simple mirage ou complexe virtuel? — la vie vogue vaille que peut, peut-être, sait-on jamais — je me souviens — je cherche pour mieux m’étourdir — trop de questions pour ne pas sentir la vie mourir ici-bas — pourquoi pas? — vitriolique diffamation sur la place publique de mon for intérieur, telle une clameur sourde à mes oreilles surstimulées — ouïe-je-le-veux!? — que veux-je vraiment? — que voulez-vous? — homo sapiens sapiens — mon beau sapiens, roi des follets, que j’haïs ton manque d’envergure! — chambre obscure où se révèle la vie négative — à quand la révélation des couleurs bigarrées? — restez à l’écoute pour la suite! — Saturne...

Read More

Philopoétique bruceleeenne

Posted by on 28 Juil 2009 in Arts, Lettres | 1 comment

En faisant quelques recherches sur les arts martiaux, je me suis penché sur la figure de Bruce Lee. Une légende. Voire un mythe — entendu ici au sens de «récit symbolique qui donne un sens à la vie, à l’action». Tout le monde connaît la façade, certes, mais je crois que bien peu connaissent qui se cache derrière: quelqu’un qui a longuement réfléchi sur les arts martiaux, il va de soi, mais également sur la vie et l’art en général. En écoutant des entrevues, j’ai trouvé qu’il avait un discours articulé. J’ai donc fouillé un peu plus loin pour découvrir qu’il avait fait des études supérieures en philosophie à l’université de Washington. Réellement intrigué par ce qu’il avait pu écrire, je me suis procuré un bouquin (Bruce Lee: Artist of Life, de John Little, éditions Tuttle) rassemblant une pléthore de textes sur des sujets franchement variés: kung-fu, philosophies orientale et occidentale, psychologie, poésie (eh oui, Bruce était poète!), jeet kune do, développement personnel et comédie. Cet être phénoménal s’était tracé comme ligne de conduite de trouver un idéal qui saurait transcender et regrouper toutes ses entreprises et ses actions. Rien de moins. Et moi qui adore les utopies holistiques! Est-ce vraiment une utopie, avec cette connotation d’irréalisable? Non. Lee travaillait chaque jour à la réalisation, à l’actualisation de cet idéal. À en juger par l’onde de choc que sa brève existence a créée, cet objectif est en partie atteint. Évidemment, je ne peux passer sous silence ses prouesses physiques, au premier plan, sa vitesse extraordinaire. Tellement rapide, le gars, que l’on devait filmer certaines scènes en 32 images/seconde au lieu du traditionnel 24 images/seconde, sinon ses mouvements étaient flous à l’écran! Bruce pouvait lancer un grain de riz dans les airs et le rattraper avec des baguettes chinoises. Sa force était également exceptionnelle. Par exemple, les fameux pushups à une main, où il n’utilisait que l’index et le pouce. Et je vous invite à aller voir son fameux « one inch punch« . Voici quelques citations tirées d’un texte intitulé «Toward personal liberation» qu’il a écrit pour la revue Black Belt: «Truth is a pathless road.» «The individual is always more important than the system.» «I cannot teach you; only help you to explore yourself. Nothing more.» «Style should never be the gospel truth.» «Combat, like freedom, is something that cannot be preconceived.» «Combat “as is” is total (including all “that is” as well as all “that is not”) without favorite lines or angles, having no boundaries and always fresh and alive; it is never set and is constantly changing.» «Drilling on routines and set patterns will eventually make a person good according to the routines and set patterns, but only self-awareness and self-expression can lead to truth.» «In any physical movement there is always a most efficient and alive manner for each individual to accomplish the purpose of the performance, that is, in regard to proper leverage, balance in movement, economical and efficient use of motion and energy, and so forth. Live, efficient movement that liberates is one thing; sterile classical sets that bind and condition are another. Also, there is a subtle difference between “having no form” and having “no-form”; the first is ignorance, the second transcendence.» «A teacher, a good teacher that is, functions as a pointer to truth, but not as a giver of truth. He employs a minimum of form to lead his students to the formless. Furthermore, he points out the importance of being able to enter a mold without being imprisoned by it; or to follow the principle without being bound by them.» «Above...

Read More

Venir au monde

Posted by on 13 Mar 2009 in Lettres | 4 comments

Nous y sommes. L’Apocalypse a eu lieu. Notre ancienne vie laissée derrière nous, nous entrons de plain-pied dans cette ère nouvelle : notre fils est né. Mon nouvel amour. Le coup de foudre. J’ai senti une force indicible jaillir en moi lorsqu’il a pointé sa tête sur le seuil de la vie, alors que sa mère donnait tout ce qu’elle avait à donner. Chaque fibre de son corps déployait l’absolue totalité des ressources dont elle disposait. Tout tendait vers un seul but. Une seule direction. Dehors. Au monde. Peu de temps auparavant, dans cette phase de la poussée, la sage-femme s’est tournée vers moi. «C’est ta femme, m’a-t-elle dit en me fixant du regard, dans toute sa force… (pause dramatique) …et sa vulnérabilité.» Oui. Je vois. Je contemple, même. Je ne comprends pas — je ressens. Je sais, je crois savoir, mais je ne saurai jamais vraiment ce que c’est. Je passe cette nuit-là à veiller sur mon amour. À la lueur des chandelles, j’observe une véritable vigile pour ce passage initiatique non dénué de périls, avant de vraiment pouvoir célébrer la vie dans toute sa splendeur. C’est d’une beauté incomparable, cette force. C’est tout simple, si primitif. Elle est nue. Elle va mettre au monde à la sueur de son front, sans plus de raffinement technologique que nos ancêtres (ou à peine, mais le poète en fait fi). Et lui va y venir, au monde, de la même manière. La Maison de naissances, quel lieu magnifique. Un endroit dédié à une seule fonction, celle d’aider les parents — les femmes en premier lieu — à donner la vie de la manière la plus simple qui soit, celle que la nature a prévue et qui fonctionne à merveille dans la majorité des cas, une tradition millénaire ayant maintes fois fait ses preuves (et pour les complications, vive la médecine, tout de même). Et les sages-femmes, elles sont tout simplement majestueuses, telles des prêtresses qui officient le plus sacré des rites sur terre. Leur présence, leurs connaissances, leur empathie, les bons mots — et les silences! — aux bons moments, tout leur être concoure à mener le frêle esquif de la vie au travers cet ardu passage. Quand je vois enfin sa tête poindre, je ne peux retenir mon émotion, et les larmes se précipitent sur mon visage béat. Quelques minutes plus tard, nous sommes tous les trois collés l’un sur l’autre. Ils vivent. Je pleure. Mes amours sont admirables… Cette émotion m’habite toujours — je n’ai qu’à songer à ces instants de magie arcane et millénaire pour que les larmes menacent de refaire surface — et je connais maintenant le secret de la vie. Je suis venu au monde en même temps que mon...

Read More

Ce que Dédé en pense

Posted by on 5 Mar 2009 in Arts, Lettres | 2 comments

Ils font un film sur Dédé Fortin. Ils, c’est plusieurs personnes, par définition. C’est premièrement un réalisateur, Jean-Philippe Duval, connu pour le très bédéesque Matroni et moi, moins connu pour ses nombreux documentaires, dont un sur Ducharme. Dans son Mot du réalisateur, il dit avoir rencontré Dédé une seule fois, mais en être intime… Je comprends ce paradoxe, moi qui ne l’ai jamais rencontré du tout et qui ressens néanmoins la même émotion. Sa vision spirituelle de ce film me donne bon espoir. L’autre personne d’importance, celui qui incarne Dédé: Sébastien Ricard — alia Batlam des Loco Locass. Son refus initial à jouer le rôle est tout à son honneur, voici qui m’agrée souverainement. Sur ce qu’il pense du film et de la mort, vous pouvez lire l’article d’Elle, bien que l’interviewer semble plus vouloir communiquer ses réflexions que celles de l’acteur. Dommage. Vous pouvez lire d’autres détails dans l’article d’Odile Tremblay au Devoir. Enfin, une multitude de gens passionnés ont travaillé à la production de ce film — ç’en prend, du monde, pour faire un long métrage. Ça prend un public, aussi. En serez-vous? Moi, oui. Je me demande ce que j’en penserai. Je me demande ce que Dédé en pense… Son histoire m’a tellement touché. Je ne le connaissais pourtant pas. Je n’étais pas un fan — je le suis devenu par la suite. J’ai toujours aimé leur musique, aux Colocs. Toutefois, Dehors novembre vibrait de manière différente, faisant résonner quelque corde nébuleuse (et certainement ténébreuse) en mon tréfonds. Je l’ai toujours entendu comme un testament, cet album, et je trouvais extrêmement déroutant d’entendre les gens — les plus jeunes surtout — fredonner «Tassez-vous de d’là» comme s’il s’agissait de n’importe quel air pop sans profondeur. Comme si ce n’était pas un cri du cœur. Quelque lame de fond qui vient lacérer les tripes, qui nous chavire, qui nous emporte loin-loin-loin en dedans. Lui, la lame de fond l’a noyé. Je vous laisse sur ces très humbles lignes inégales, composées au lendemain de son harakiri: Y’est toujours temps C’est quand j’vois les nuages paître dans l’ciel Que j’me dis: vraiment, la vie est belle… Hier, un poète est mort Réclamé par Hadès, y s’en est allé Maintenant paisible, y dort Comme dans les bras d’Morphée Ch’ais pas pourquoi, ça m’a touché D’voir un être si sensible faire un acte si insensé Mais c’qui semble sans aucun sens pour certain Est p’t-être la justification même de ç’te destin C’qui prouve qu’la vie, c’est pas facile Pis qu’ça tient juste à un fil Fil que défi le funambule qui file Enfilant le sens d’la vie qui s’défile Filez! Filez! Filez â laine! C’est seulement quand on tricote Qu’on découvre l’motif du tricot… Revenons aux poètes Trop souvent des prophètes Y’attendent désespérément un messie Un message ou une messe, mais l’drame, l’voici: C’est qu’rien n’aboutit! Et nos idéalistes se sont mépris Épris d’un absolu qui s’laisse découvrir que par bribes Bible de ceux qui’ont soif, qui veulent mieux voir Plus que c’que les sens insensés laissent percevoir… «Que voulez-vous…» comme dirait l’autre (Chrétien) La société est trop pognée Pour leur grand rêve de liberté La société est trop névrosée Pour les problèmes régler La société est trop fermée Pour voir les étoiles à nuitt tombée La société est tout simplement DÉCÉDÉE! — RIP pour un trip — Aux yeux d’ceux qui voudraient une vie exaltée… Qu’à cela n’tienne Dédé! T’as lancé un message clair À tous ceux qui’avaient besoins d’air À tous ceux qui croient en ta parole Désolé qu’ça vous désole Questionnez-vous! Creusez l’sol! Pour planter un arbre ou...

Read More

Un petit coeur bat la chamade

Posted by on 12 Sep 2008 in Arts, Lettres | 4 comments

Chamade aurait été repris de l’italien du nord ciamada, vers 1570 en tant que terme militaire (comme bien d’autres termes à l’époque, semble-t-il), provenant lui-même du latin chiamare, qui signifie «clamer». Au début, la chamade désignait une batterie de tambour et une sonnerie de trompette annonçant le désir de parlementer, ou la reddition des occupants d’une place forte lors d’un siège. Aujourd’hui, on ne retrouve plus ce mot que dans l’expression battre la chamade, en parlant d’un cœur qui bat vite ou fort. Il est intéressant de noter le rapprochement avec le terme portugais chamada, signifiant «appel», et qui désigne un moment dans la capoeira angola où l’un des joueurs invite l’autre à faire une pause. Cette pause sert à couper le jeu par un mouvement qui va à l’encontre des règles du rituel. Au lieu d’une série de mouvements imprévisibles, la chamada se constitue d’un va-et-vient prévisible, et alors que le jeu comporte un aspect martial, la chamada se veut un moment pacifique. Évidemment, comme toute règle en capoeira, celle-ci existe pour être brisée par qui se considère comme prêt à en assumer les conséquences. C’est pourquoi il faut être constamment sur ses gardes, car la chamada se termine inévitablement par une attaque. Cette attaque peut être feinte, auquel cas elle ne sert qu’à signifier que le jeu reprend son cours, ou bel et bien réelle. Trêve d’explications historique et culturelle. L’autre jour, j’ai entendu un petit cœur qui m’appelait, et le mien s’est mis à battre la chamade. Comment une créature qui n’a même pas la taille d’un deux piastres peut-elle contenir un moteur qui vrombit avec une telle intensité?! Vous l’aurez deviné, chers lecteurs, la paternité — lourd fardeau et merveilleuse aventure — est...

Read More

Calemburlesque

Posted by on 27 Mar 2008 in Lettres | 0 comments

Calembourocambolesque Je fais figure d’arabesque Ma vie est un entrelacs Pas d’break, jamais ça slaque Je cours après mes nuages Comme un chasseur de chimères Je m’éprends des mirages Et j’arrive jamais à m’satisfaire Pourtant, je suis heureux Je suis dans les nues, au comble Je jongle avec mes vœux Dans la fontaine désir, je suis omble Je vogue vers l’avenir Tel un pirate des sept mers L’eau douce me fait frémir Je suis un écumeur sans terre

Read More

Mon pays comme je l’aime

Posted by on 9 Mar 2008 in Lettres | 2 comments

Mon pays comme je l’aime

Bien avant que ne s’abatte la tourmente Déjà la neige, tel Gargantua affamé De pâtés de maison entiers s’était empiffrée Et puis les bebittes métalliques vrombissantes Parcourant la blancheur affolée Laissaient leurs empreintes lumineuses dans l’Œil du Cyclope Cependant que les convives, le cœur emmitouflé de vin Officiaient leurs bacchanales de par les rues Riant et hurlant comme des lutins Ah, que la poudrerie a poudré! s’exclamaient-ils Aveugles à la détresse de la bête auto Qui s’était pris la patte dans l’étau...

Read More

Ainsi Suwa-t-il…

Posted by on 8 Nov 2007 in Arts, Lettres | 1 comment

Quand le théâtre québécois rencontre Kill Bill, sans mauvais sang, avec beaucoup de bon sens, voilà Japon, théâtralité en plusieurs pièces, casse-tête hilarant, mélangeant nô, rock, pépère, solitude buendiaste au centuple, arrosé de Perrier, de films longue séquence, d’un brin de suicide et d’homosexualité — sans pour autant versé dans le pathétique — d’histoire d’amour, d’intrigue et de poésie; la profondeur des transgressions de genre amène le public à participer et les comédiens à assister; le temps n’existe pas, bien que le monologue épistolaire nous y ramène constamment en un regard tourné vers le passé qui se rapproche inéluctablement du dénouement final, qui n’est du reste qu’onirique traversée des cultures imaginairement globalisées flottant dans l’espace dramatique d’une envolée délirante entre vieux copains autour d’une bonne bière dans une discothèque kitsch, et ce, sans parler de Spartacus, du show télévisé de Tétris humain et d’un certain… — comment déjà? Ah, oui! — Suwa Maratori et de ses nombreux exploits légendaires. Présenté par la Compagnie Thomas et Premier...

Read More