Montée de lettre sur la mort des lettres restée lettre morte

Posted by on 21 Mai 2013 in Lettres | 5 comments

Ça y est, ils ont tué le programme Art et lettres au cégep…

Qui ça, «ils»?
Les légions de zombies aliénés… Personne, donc. C’est-à-dire qu’aucun vivant n’a tué les lettres, que ceux qui vivent s’en émeuvent de cette mort des lettres et que ceux qui tuent font déjà partie intégrante — intégriste — de ceux qui ne vivent plus que par procuration et qui s’en foutent, de cette mort lettrée, de cette grave mort gravée en toutes lettres. Les zombies ont tué les lettres. Et ce faisant, l’institution du début (possible) de l’instillation d’un esprit critique par voie des lettres est morte avec la mort des lettres…
Et c’est passé comme une lettre à la poste. Ou plutôt comme un post sur Facebook. L’actualité s’est brièvement animée d’une intense montée de lettres, pour, la vague passée, sombrer dans l’oublie des publications passées, donc désuètes, l’équivalent des limbes dans notre culture de l’abrévié, montée de lettres sur la mort des lettres restée lettre morte, donc.
Lisez — si vous avez encore quelque pouls — Foglia. Oui, celui qui de pouls ferait sursauter n’importe quel zombie — si seulement il savait lire — et qui cherche des poux à chaque lettre qu’il pousse. Mais non, il ne les cherchent pas: les poux le trouve, et où qu’il aille, d’ailleurs. Probablement jusque dans la tombe. Des poux zombies? Pourquoi pas…

5 Comments

  1. Foglia est un journaliste qu’on aime (quand il écrit-chronique du terrain, terre d’Israël, pendant une des guerres en Irak) et qu’on n’aime pas (quand il écrit lors de sa promenade en vélo dans le haut pays de la Neigette, pour lui, « l’arrière-pays », que le prix d’un sandwich acheté dans le tout petit village d’Esprit-Saint, lors d’un festival d’été, est trop cher… pauvre « pingre »).
    Je ne l’aime pas, évidemment, quand il écrit dans cet article que tu cites : « J’ai 72 ans, j’en ai rien à foutre de ce que sera la culture dans 20 ans »… et je me dis : comment est-ce possible de commenter ainsi – un journaliste patenté – la culture ? Bien sûr, je m’en fous, du jornaliste Foglia… mais pas de la culture, pas de « ma » culture, et je suis un simple retraité. Je n’ai pas l’audience-l’écoute de ce journaliste… cette phrase de Foglia est, pour moi, criminelle, quand elle devient publique, par abus de position.
    Par contre, lorsqu’il écrit : « Comment peut-on apprendre à lire – ce que j’appelle lire: appréhender en même temps la beauté du texte, son sens, sa profondeur – comment peut-on arriver à cela hors des Lettres? » Et qu’il dénonce les talibans québécois de la culture, dont le ministre de l’Éducation, qui a décidé que « le programme collégial «Arts et lettres» s’appellera désormais «Culture et COMMUNICATION». Tout cela pour rassurer « les étudiants qui comprennent mieux le mot «communication» que le mot «Lettres». Là, je suis d’accord.
    Mais quand il nous demande de suivre des séries télé américaines, je me dis, ou plutôt, je me demande bien où il a mis sa culture (dans sa poche sans doute, pour ne pas la perdre… mais cachée-oubliée-perdue, dont on croirait qu’il a honte?). Alors pourquoi s’alarme-t-il d’un simple changement de nom, Lettre contre Communication, si sa culture est « vampirisée-aliénée-perdue » par la télé américaine? Bref, comme il arrive souvent avec des gens de 72 ans, il devient gâteux, ou écrit un article qui n’a ni queue, ni tête. Ou… je n’ai rien compris à cette dernière partie de son article. Possible!
    Ou est-ce un autre «arrangement» pas si raisonnable? avec le taliban-journaliste de la culture, qui s’ignore et que l’on doit dénoncer ?

    Don Quichotte

  2. >ahahahah< Évidemment qu'on aime haïr Foglia ou qu'on haït aimer Foglia, c'est selon. C'est voulu. Moi, je le comprends de se foutre de ce que la culture sera dans 20 ans, il s'en fout déjà, au sens où, à part écrire dans La Presse, il ne fait pas grand-chose pour la changer, cette culture. Pour ce qui est de Weed, ça rentre dans sa définition toute personnelle de ce qu'est la culture. Mais j'ai l'intuition que ça vaut la peine d'être vu, cette série. Je te demande, de Dom Pedro à Don Quichotte: est-ce seulement parce que c'est étatsunien que tu juges la série comme étant quelque chose qui n'a rien à voir avec la culture? 🙂 Ceci étant dit, qu'on aime ou qu'on haïsse, Foglia n'a pas toujours raison, ni totalement tort, comme nous tous... PS: te voilà encore en train de commenter davantage autre chose que l'objet qu'il vaut la peine — de mon humble point de vue — de commenter, c'est-à-dire le texte publié lui-même. PPS: autre texte qui vaut le détour concernant la mort des lettres, de David Desjardins celui-ci: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/377944/le-soir-d-un-ideal-qui-penche.

  3. Bien sûr, je suis – sans doute – et aveuglément anti-culture américaine, sous tous ses fonds et ses formes, (le FONDS ET LA FORME de la culture américaine, et QUI et/ou QUOI qui l’exprime, sont narcissiques et méprisent fondmentalement l’autre, soit le reste du monde) et je n’ai jamais vu cette série télévisée, c’est tout dire.
    Mais comme je n’ai pas compris le texte de Foglia, je ne peux le commenter et j’opte pour autre chose, c’est tout simple. Je l’ai pourtant lu trois fois, ce texte. Ou il est gâteux, ou c’est moi qui le suis. Et c’est possible.
    Je suis pourtant d’accord avec ce qualificatif de taliban de la culture quand il parle d’un ministre de l’éducation qui veut rassurer les étudiants. Elle est drôle, non? cette idée que les étudiants ont besoin d’être rassurés, comme s’ils étaient incapables de réfléchir.

  4. Ton article m’a fait me rappeler que j’avais aimé les chroniques Foglia envoyées de Jérusalem il y a de ça assez longtemps, le temps de cette première guerre en Iraq. Alors je suis retourné â la Presse et tapé Foglia. Et je suis tombé sur ses nouvelles chroniques de Kaboul, dont celle-ci:
    http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201304/20/01-4642876-bagdad-a-velo.php
    Je me suis régalé. Voilà où je crois que j’aime Foglia: c’est lorsqu’il est dans la rue, avec les gens ordinaires. Il les voit bien, il les sent bien, et il en parle bien; évidemment toujours avec son humour parfois grinçant, ses exgérations de langage, mais avec une certaine désinvolture qui plaît… à certain.
    Don Quichotte

  5. C’est peut-être que tu n’aimes pas la critique qu’il fait de nous, pauvres Québécois, parce que je trouve qu’il fait exactement la même chose avec nous qu’avec les Irakiens, en parlant des gens ordinaires.

    Peut-être est-ce trop près de nous? De toute façon, c’est son style: il met le doigt dans le bobo pour nous faire grimacer, il provoque, gratuitement. Il aime ça. Et les gens aiment ça aussi, puisqu’ils aiment le haïr, comme je l’écrivais.

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