De l’esclavage des intérêts

Posted by on 5 Mai 2012 in Politique | 1 comment

Du mythe de la juste part

Je crois que la contribution raisonnable, elle est déjà en place. Rapidement, en arrondissant, disons qu’un bacchelier termine ses études avec une dette de 12 000 $, en moyenne. Une augmentation des frais de scolarité ne va qu’empirer la chose. L’argent sauvé par l’État avec cette augmentation est en partie perdue parce qu’il va bonifier les prêts et bourses.

Qui gagne? Pas l’université, qui voit son budget amputé de la somme que paieront les étudiants. Peu l’État, qui doit défrayer l’augmentation des prêts et bourses (ça doit faire une somme assez impresionnante, tous ces intérêts qu’il paie pendant que les étudiants sont sur les banc d’école). Certainement pas les étudiants, qui s’endetteront davantage…

Si les étudiants en ont déjà des dettes avec le système actuel, imaginez avec 75% de hausse! En outre, pensons aux familles, aux mères ou aux pères monoparentaux, aux chômeurs qui veulent se réorienter… y’a déjà plein de monde qui ne peuvent pas, à l’heure actuel, se payer des études — qu’est-ce que ce sera après cette politique mercantile?

Donc, qui gagne vraiment sur toute la ligne? Les institutions financières! Totalement gagnantes… On s’entend pour dire qu’elles sont pas dans l’trou, elles.

Par ailleurs, faisons le ménage dans la gestion de l’administration publique, faisons un sérieux ménage dans tout ce qui est collusion/corruption/copinage, exigeons des redevances qui soient sérieuses pour l’exploitation des ressources naturelles et on va pouvoir se la payer, la gratuité — pis bein d’autres choses!

Chacun ses intérêts

«On veut votre bien, pis on va l’avoir» (dixit Richard Desjardins). En effet, leurs intérêts ne sont pas les nôtres. Notre intérêt, celui du peuple, c’est le bien commun. Une notion floue. Certes non monnayable. Mais notre intérêt est difficile à défendre lorsque l’on croule sous les intérêts… des banques!

L’esclavage moderne passe par les institutions financières. Le colonialisme XXIe siècle, c’est la financiarisation du monde. Voici un extrait révélateur d’un document, L’endettement forme la jeunesse, à lire et à partager abondamment:

«Le travail salarié, qui servait à soutenir la consommation, devient une nécessité pour celui qui doit rembourser ses créanciers. En ce sens, l’endettement agit comme un puissant mécanisme de disciplinarisation, d’autant plus efficace qu’il est mis en place et intériorisé à un jeune âge. Ceux qui ont dû s’endetter afin de financer leurs études ressentent d’ailleurs rapidement le poids de cette discipline.»

C’est effarant que l’on pense ériger ça en système. Les banques sont mortes de rire… pis c’est ainsi à l’échelle mondiale!

Deux poids, deux dettes

Par ailleurs, c’est toujours étonnant à quel point certaines personnes considèrent qu’il est normal que les gens s’endettent alors que pour l’État, c’est un crime inavouable.

En y pensant bien, en s’endettant collectivement, on a un meilleur taux d’intérêt, puisque c’est au « prix du gros » et que l’État a une meilleure note de crédit que les particuliers. Évidemment, pas de dette du tout, c’est mieux — et il faudra bien régler la nôtre avant qu’elle ne nous domine! — mais à choisir entre les deux, je crois que la dette collective est beaucoup plus intelligente d’un point de vue solidaire.

De plus, elle vient d’où cette dette de l’État? Avec le gaspillage et les soupçons de copinage, on est en droit d’avoir des réponses à cette question! Avant de faire payer la classe moyenne, faisons donc le ménage.

Je suis contre toute forme de dette, mais à choisir, il est bien plus logique d’emprunter en gang que tout seul. Les banques le savent et préfère la deuxième option.

En outre, le système économique est stupide: croissance infinie dans un monde aux ressources limitées. On veut contourner ces limitations en faisant de la spéculation. C’est ridicule. Un ridicule qui pourrait bien nous tuer…

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