Du potentiel des muffins

Posted by on 12 Avr 2012 in Politique | 3 comments

J’ai déjà dit à mes étudiants qu’il y a deux manières de voir l’éducation…

Le moule à muffins

La première, celle qui a malheureusement cours dans la plupart des systèmes d’éducation à travers le monde, non par malveillance, mais bien parce que notre conception de l’apprentissage date d’une autre époque et n’a malheureusement jamais été mise à jour, est celle du moule à muffins.

On connaît grosso modo les besoins et les goûts des clients, on fabrique une certaine quantité de muffins au chocolat, telle autre quantité de muffins à la banane, etc.

Faut qu’la pâte ‘fite’ dans l’moule. Hors du moule point de salut.

Par ailleurs, l’art de la pâtisserie est passé de mode. La pâtisserie se résume trop souvent à mélanger les ingrédients adéquats à la demande en s’assurant que la cuisson soit à point. Il y aura peut-être des pertes, mais c’est pas trop grave tant que le gros de la production est potable.

Le plein potentiel

L’autre manière de voir l’éducation consiste à aider les êtres humains à développer leur plein potentiel.

Pédagogue vient du grec paidagôgos qui a signifié «esclave chargé de conduire les enfants à l’école» (pais, «enfant»; agôgos, «qui conduit») puis «précepteur». Le dérivé paidagôgia a quant à lui pris le sens de «direction, éducation des enfants».

C’est à cette idée qu’il faut revenir : l’éducateur ne donne pas une formation à des gens, mais il les conduit sur le chemin de leur développement, il est un guide et non un “limitateur” (puisque former, c’est-à-dire donner une forme, c’est délimiter, donc limiter quelque chose, non?).

Un paradigme qui tue l’humain

Je vous laisse sur ce vidéo (en anglais) qui traite d’un plus que nécessaire changement de paradigme en éducation. De mémoire, c’était d’ailleurs le point de vue que M. Cormier défendait dans son manuscrit : le système d’éducation scrape les humains au lieu de favoriser leur développement…

3 Comments

  1. Un article traitant de deux livres qui abondent dans le même sens, l’un des auteurs étant Normand Baillargeon dont j’affectionne particulièrement la pensée.

  2. Citation de J.-F. Lisée:

    «Mais il y avait un contrat moral, non dit, entre les gouvernants, les administrations et les étudiants. On allait faire comme si la démocratie fonctionnait. On allait faire comme si on était à l’école de la vie, y compris de la vie citoyenne. On allait laisser, comme dans une vraie démocratie, le débat aller et venir, sans lui mettre de juges dans les roues — sauf pour empêcher le grabuge.

    L’attitude nouvelle du gouvernement Charest marque donc la fin de ce contrat social. La fin de l’appel à la démocratie pour arbitrer les différends entre les étudiants eux-mêmes — ceux qui veulent la grève et ceux qui veulent les cours.

    Le signal est net: ceux qui souhaitent reprendre leurs cours n’ont pas à se présenter à l’assemblée étudiante, faire valoir leurs arguments, organiser leurs interventions. Ils n’ont pas à se comporter en démocrates.

    Non, ils doivent prendre un avocat et faire prévaloir leur droit individuel sur la délibération collective. C’est le triomphe de l’individualisme, encouragé par l’État, soutenu par les administrations scolaires.»

    Source: http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/comment-on-tue-la-democratie-etudiante/12430/

  3. Une bédé qui illustre bien la différence entre les muffins et les humains:
    http://www.zviane.com/prout/2012/04/21/a-propos-de-leducation/

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