Montagne et Méditerranée en prose

Posted by on 1 Mai 2007 in Lettres | 2 comments

Le rocher de Tanios

«Ma Montagne est ainsi. Attachement au sol et aspiration au départ. Lieu de refuge, lieu de passage. Terre du lait et du miel et du sang. Ni paradis ni enfer. Purgatoire.»

Le rocher dont il est question sied sur cette Montagne aux pins majestueux et aux peuples fiers et simples. Et Tanios, qui est-il? Fils illégitime d’un cheikh? Élève doué? Instrument des puissances étrangères? Meurtrier? Libérateur de son peuple?

Mélangeant la fiction et la réalité, le drame personnel et le conflit historique, Amin Maalouf peint une fresque d’une originalité sans pareil qui nous transporte dans le Liban du XIXe siècle et nous fait côtoyer paysans et marchands, seigneurs et ambassadeurs en nous dévoilant leurs coutumes, leurs sagesses et leurs folies.

Le rocher de Tanios forme une tapisserie tissée de nombreux fils différents : l’histoire, la psychologie, la sociologie, la politique, mais aussi la poésie, la sagesse et la philosophie. Les détails du microcosme social de la Montagne se juxtaposent aux événements dominants de l’histoire de la Méditerranée. La sagesse, la réflexion et la soif de connaître et de vivre se frayent un chemin aux côtés de l’absurdité et des paradoxes humains.

Amin Maalouf y traite de l’exil et du sentiment d’appartenance, mais aussi du refus de la propagande, de l’endoctrinement et des dogmes.

Les chapitres du livre portent le nom de passage: rien n’y est figé, statique. Tout au contraire, les événements happent les personnages et les entraînent dans les remous de l’Histoire, mais aussi des histoires, des conflits et des amours, des trahisons et amitiés, qui se lient ensemble pour former une toile complexe, que l’on boit pourtant à grande gorgée, comme de l’eau fraîche et limpide.

Voyage dans le temps, mais aussi dans les cultures bien vivantes de cette époque, Le rocher de Tanios fait figure de point de repère pour l’âme dans le paysage accidenté des intégrismes et des fondamentalismes modernes.

…d’Amin Maalouf

Amin Maalouf est née à Beyrouth, au Liban, le 25 février 1949, de parents catholiques, minoritaires dans ce pays. Il a fréquenté un collège jésuite français où il a étudié l’économie et la sociologie, après quoi, en 1971, il a commencé à travailler pour le journal An-Nahar, maintenant la tradition familiale journalistique.

En 1975 éclatent des conflits à Beyrouth qui mèneront à la guerre civile. Amin Maalouf prend alors refuge dans son village montagnard natal où il décidera finalement de s’exiler, ce qu’il fait avec sa famille l’année suivante. On trouve un écho de ce moment à la fin de son œuvre Le rocher de Tanios, premier roman où il traite directement de cette patrie première qu’il a volontairement quittée.

Il s’est ensuite installé à Paris et a commencé à travailler comme collaborateur pour la revue Jeune Afrique, dont il deviendra plus tard le rédacteur en chef.

Auteur prolifique, il a écrit son premier ouvrage en 1983, Les croisades vues par les Arabes, un essai historique, et cumule, depuis lors, une dizaine de titres.

Cependant, réduire Amin Maalouf à ces quelques détails ne lui rend pas justice. Éxilé volontaire, sa véritable patrie demeure l’écriture, tous les autres lieux ne sont que des passages (un des thèmes du livre). Considéré comme une minorité dans son pays d’origine, puis comme un immigré en France, il chante, à travers ses œuvres, les vertus de l’universalité. Dans ses propres termes : «Il n’y a pas seulement « moi », et « l’autre »; en moi, il y a un peu de l’autre, et dans l’autre, il y a un peu de moi.»

Lien: Le site officiel d’Amin Maalouf

2 Comments

  1. Je savais pas que t’étais fan de Maalouf! Moi ça fait des années que ses livres sont dans ma bibliothèque, et que je n’ai jamais le temps de m’y mettre…

    Par où commencer?

  2. Je le suis devenu tout récemment et quelque peu par hasard

    Je crois que le mieux, c’est de commencer n’importe où. Prends le premier du bord, il te le rendra bien.

    Pour ma part, très bientôt, je vais vérifier ce que Gabrielle-Roy m’offre dans la catégorie Maalouf, et je vais les passer un après l’autre.

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